CHAPITRE V
PARA.GUA, BALABAC, ZAMBOANGA, BASILAN.
5 novembre. — M. le colonel don Carlos Martinez est encore retenu à Manille; il nous envoie une lettre des plus aimables pour le gouverneur intérimaire de Soulou.
A dix heures du matin nous partons pour le Sud à bord du Pasig. Il faut reconnaître que ce steamer tangue d'une façon remarquable, mais c'est là son seul défaut, et quand on y est habitué, on apprécie les qualités du capitaine don José Zavala, Basque qui depuis six ans navigue au milieu de cet archipel fertile en naufrages sans avoir éprouvé une avarie, qui n'est jamais lassé par les questions et cherche toujours à prévenir les désirs de ses passagers; constamment sur la passerelle cepen* dant, aussi bien la nuit que le jour, et dormant quelques heures à peine pendant les escales.
6 novembre. — Mer très dure, pluie ; arrivés à huit heures du soir à Culion (îles Calamianes) ; des îlots, avec falaises à pie, précèdent l'entrée du mouillage. A un mille et demi E. 10" S. de Técueil Piedra Branca est un basfond rocheux, qui ne figure pas sur les cartes, et sur lequel s'est perdu il y a quelques jours le Paraguay grand steamer tout neuf.
7 novembre. — Arrivés à dix heures matin à Guyos,
OÙ réside un capitaine, gouverneur des îles Calamianes; la baie est entourée d'îles aux rives élevées, à pic. Du bord on voit le petit pueblo et la Casa Real entourée de grands remparts, nécessaires autrefois contre les entreprises des Moros.
8 novembre. — Pendant toute la matinée nous rangeons à tribord les hauts sommets de Tile Palawan ou Paragua, comme l'appellent les Espagnols. Â midi nous mouillons à Puerto Princesa {Baie Royalist des cartes anglaises). C'est un magnifique port naturel^ bien abrité, à rentrée facile ; son diamètre moyen, en fond utile, est d'un mille et demi. Jusque tout près de terre sur la côte orientale, le Md Varié de 10 à 20 iiiêtrès. La Paragua est momagûeusë, couverte de fot-êtë, niai Cdtitluë, peu peuplée. Sa paHie méridionale faisait pàftië du fdyaume de Bouloù. Pour le tnomem les Espaguoh t)*debu()ent dans Tîle qUe PueHo Princesa^ dont iU ont fëlt fécem^ ment un lieu de dëpôHatiou pour les condamuës indigènes.
Sous rim^iulsiou de gouverneurs isëlését lutelligeuts^ ta petite colonie s'est développée rttpidemedt. Le puebld où tieuuent garnison deux ôdUipagnies du %^ fégittient indigèue est très animé. Près du rivage^les iiendai^ A^% inévitables Chinois, toujours prêts à drainer l'épargne des Européens et des Indigènes, mais toujours prêts aussi à leur fouruir les cotonnades, la mercerie, les conserves alimentaire!^} et tous ëes articles qui feraient â chaque instant défaut dans les postes exceutriques sans là prévoyance intéressée de ces alertes trafiquants: A Textrémilé opposée du pUebld se construit la nouvelle caserne des condamnés qui soUt organisés militairement. M. le lieutenant don Arturo Orcbel, qui les cdttimaude en ee moment et qui dirige la