Tronçons de bambou servant à puiser l'eau
le-champ^ guérissent parfois avec rapidité quand elles sont judicieusement soignées. Au bout de quelque temps tous les blessés du 23 novembre sont sur pied. Ce remarquable résultat est dû aux soins du directeur de l'hôpital, M. le chirurgien-major don José Rabadan y Àrjona, qui, aux qualités d*un profond savoir, réunit celles du cœur le plus généreux. J'aurai à revenir plus tard sur le mérite de cet excellent confrère.
ii novembre. — L'émotion produite par l'agression des juramentados ne tarde pas à se calmer; on est à Soulou assez habitué à ces incidents, et, d'ailleurs, à cause de cet incident même, on est sûr d'être tranquille pendant quelque temps. A l'appareil de la guerre succède l'activité féconde de la paix. Les Chinois reprennent leurs transactions doublement* lucratives avec les Soulouans et les Européens, et le Génie remue la terre avec une activité qui fait dire à un de mes amis indigènes, noble pandita, que les Espagnols veulent jeter l'ile entière dans la mer. Ce Soulouan au type sémitique, descendant de l'un des Arabes qui introduisirent ici l'islam, parle bien le malais, ce qui me permet de causer facilement avec lui. Il ne se lasse pas d'entendre la description de Constantinople, de ses grandes mosquées en pierres et de la cour du puissant sultan de Stamboul. Il est émerveillé surtout par les récits que je lui fais de notre Algérie et des trois millions aOrang Islam * qui obéissent au rajah des Orang Prantjis '. Bien que le pandita soit fort intelligent, ce nombre n'a pas pour lui de sens précis et ne représente qu'une multitude innombrable, ce qui augmente encore son admiration. En revanche il me donne mille détails sur le Koran, sur ses compatriotes, glissant adroitement sur