VOYAGE
un petit chef militaire chinois qui ne paraissaient tenir que médiocre* meut à l'exploration que je voulais tenter. Il leur tardait de me voir arriver à Lin-ngan, où ils avaient mission de me conduire, pour retourner ensuit* euv-mâmes le plus tôt possible à Yuen-kiang. A chaque instant le petit chef nie montrait les hauteurs et me Taisait signe que Lin-ngan était au delà. C'était h son instigation que le douanier chinois m'avait manqué de parole et que j'avais dû chercher moi-même à me procurer une barque*
A peu de distance en aval de la douane, je rencontrai un nouveau rapide, que nies bateliers se refusèrent obstinément à affronter; il n'y avait point, il est vrai, de sentier le long des rives, qui en cet endroit étaient complètement a pic, et la barque aurait du franchir le passage dangereux avec tout son personnel à bord. Le tleuve était là encaisse plus profondément qu'il ne l'avait jamais été: des murailles presque verticales d« 1800 mètres de hauteur (dix-huit cents!) se dressaient des deux côtés; d'énormes blocs de rochers avaient roulé du haut de ces gigantesques falaises au milieu des eaux écumantes, En amont du rapide, au pied d'une gorge, sorte d étroite fissure qui lézardait la falaise, un banc formé par les galets et les cailloux que chaque année les pluies détachent des (lancs de la gorge, offrait sur le bord de Feau une petite plate- forme sur laquelle s'élevait un village de pécheurs. Ce fut là qu'abordèrent mes canotiers ; ni offres d argent, ni menaces, ne purent les décider à aller plus loin. Je ne cuvais apprécier si le rapide était ré elle mec
qu'une ligne d'écume, et le vent me renvoya à la figure l'eau pulvérisée en pluie fine par son choc contre le banc de récifs. Le dénivellement paraissait cependant moins considérable* qu'à Pou-pio. Après d'infructueux efforts pour faire revenir mes bateliers sur leur décision ou pour trouver dans le village des gens qui consentissent à les remplacer, il fallut me résigner à reprendre plus tôt que je ne l'aurais voulu la route de Lin-ngan. Je commençai à midi l'escalade des hauteurs presque perpendiculaires qui se dressaient au-dessus de ma tête. Après trois heures et demie d'une ascension très fatigante, par des sentiers en zigzag dont les cailloux fuyaient sous les pieds pour aller, après mille chutes, rebondir dans les eaux du fleuve, j'arrivai au sommet; de là je pus embrasser un vaste panorama. Au sud, une haute chaîne calcaire s'élevait comme une barrière entre le Tong King et la Chine et découpait l'horizon de ses sommets aigus, qui. atteignaient au moins 4000 mètres de hauteur. Au-dessous de moi, et comme dans un abîme, le Ho-ti kiang traçait son énorme sillon; ses eaux