‹ Voyage d'exploration en Indo-Chine effectué par une commission française présidée par le capitaine de frégate Doudart de LagréeChapitre 175 sur 197 · AUKÏVKE DANS LA VALLÉE DU FLEUVE BLEU, 6H · texte numérisé non relu

AUKÏVKE DANS LA VALLÉE DU FLEUVE BLEU, 6H

duquel nous arrivons. Au bas de celte brusque descente, un torrent Réchappe on bouillonnant d'une grotte profonde et va rejoindre a peu de dislance une grande rivière qui vient île l'ouest, (l'en est fait: nous quittons le plateau

„M nui isi i\r t.i -k'Hj .m. — Di.'ssin E. Etay.ir<l4 «l'Appus «iii croquîti S\. I

du Vun-nan pour enlrer dans les basses et chaudes régions de la vallée du lleuve Bleu.

Ta-kouan hirn, que nous alternons le soir même, est une petite tille

VOYAGE D'EXPLORATION EN INDO-CHINE, iresquemenl située sur le flanc il roi t des hauteurs qui bordent la ri ijuc nous venons de «joindre, rivière A Inquelle elle a donné son

un.

Les maisons s'etageut en amphithéâtre au-dessus et au-dessous de lu longue i ne qui forme Tartere principale et dans laquelle rogne une grande animation. La pagode où Ton nous loge est cruislruile dans la partie haute do la ville, ei du sommet du grand escalier qui conduit au sanctuaire, on déminrc un panorama étendu. Un repas tout préparé nous attendait, et le mandarin du lieu vint le lendemain nous rendre visite en grand appareil, Ce fonctionnaire, quoique de Tordre civil, porte le chapeau militaire, en témoignage de la valeur qu'il a déployée contre les llo-limi.

Ta-kouan a été occupé par les Mahométans en 1802. Après leur expulsion, les débris de leurs bandes se sont joints aux Lolos des inonlagnRS et se sont fortifiés i\ Oché-oua, localité située a une dizaine de lieues dans le Miil-ouesL De là ces bandits ravagent et rançonnent le pays environnant- Des nu -ures énergiques ont été prises pour constituer une force militaire capable de réprimer leurs brigandages : les têtes nombreuses que noua avions vues exposées sur notre route sont, nous dit ou, celles des déserteurs ou des réfracta ires de Tannée chinoise, dans les rangs de laquelle ou essaye de rétablir la discipline.

Nous nous remîmes en route le 17 avril. A quelque dislance au nord de Ta-kouan, vis-à-vis du village de Kouang-ho-ki, la route franchit In riv ière icndu. C'était le premier onvn

dans les culées et raidies entre des piliers placés de manière à se regarder des deux côtés de la rivière ; des étriers en fer y rattachent le tablier. Grâce au peu d'élévation des points d'appui, ces ponts présentent une courbure qui est l'inverse de celle des ponts suspendus européens, et leurs oscillations sont considérables ; mais leur solidité, qui dépend surtout du bon établissement des culées, est en général très satisfaisante.

Des Miao-tsc habitent les hauteurs qui dominent le Ta-kouan ho. A une grande distance au-dessus de la route, on découvre, au sommet de rochers qui surplombent, des champs admirablement cultivés, et Ton ne saurait deviner comment on a pu transporter la charrue sur ces petits plateaux limités en tous sens par des falaises à pic.

Une rivière considérable, qui parait être le cours d'eau principal de tout ce bassin, vient rejoindre le Ta-kouan ho, en aval de Kouang-ho-ki : c'est la rivière de Co-kouy ; elle traverse une contrée fort riche en métaux. Les mines de plomb argentifère de Sin-cai-tsé sont célèbres dans toute la Chine.

NAVIGATION SUIl LE TA-KOUAN HO OU IIOUANG K1ANG. BIS

Les pompes d'épuisement de ces mines occupaient à elles seules, avant la guerre, plus tic 1200 travailleurs. Le régime hydrographique de cette zone, exploitée aux apreté par les Chinois depuis le régne de Kien-long, a été complètement transformé par le déboisement. Les vieillards affirment en effet que, il J a quatre-vingts ans a peine, on franchissait à pied sec le (]o-kou\ lm à Siir-eai-tsé, on passant d'une pierre h l'autre; aujourd'hui, cette rivière n'est pas giicahlc. Beaucoup plus lias, à Tnngco-kayt les hommes de cinquante ans se rappellent avoir entendu dire à leurs grands-pères qu on traversait a gué et que les arbres formaient berceau sur la rivière; celle-ci a maintenant 7 à 8 mètres de profondeur.

te

Puul !*iHi»rinlu, a Lao-oua-lari- — D^in <\<i M. IMapnrl»\ J'-ipr'^ ii.ih.uv.

Sur les mes mêmes du Ta-kouan ho, nous trouvâmes des exploitations de charbon. A Kiao tsé-pa, silué à peu de distance dans l'ouest, sont des mines de fer et des fabriques de marmites et de bassines, dont les produits sont expédiés à Siu-tchéou fou,

Nous arrivâmes le 20 avril à Lao-oua-tan, gros bourg très commerçant où commence la navigation de la rivière : un pont suspendu d une portée considérable est jeté d'une rive à l'autre. Lao-oiia-tan est un entrepôt important, el c'est le point où s'embarquent aujourd'hui tes métaux qui viennent du Yun-nan, Les marchandises légères suivent la route de terre pour aller à Siu-tcbéou fou ; la voie fluviale exige deux ou trois transbordements; elle es! plus rapide, mais peut-être plus coûteuse.

Nous nous embarquâmes à Lao-oua-tan, dans un grand bateau d'une capacité de trente à quarante tonneaux, et nous eûmes l'occasion de reconnaître l'habileté avec laquelle les Chinois dirigent ces lourdes embarcations au passage «les rapides. Ils emploient, en guise de gouvernail, d'énormes avirons bordés â Pavant, qu'ils manœuvrent ensemble pour doubler l'effet de la barre cl faire pivoter rapidement la barque dans les moments difficiles. Kn deuv heures nous arrivâmes i\ Pou-eul-tou, petit port situé sur la rive

gauche de la rivière, qui a changé de nom et s'appelle maintenant le Bouaog kinng.

Pendant que nos bagages et une partie de notre escorte continuaient leur route en bateau, nous mîmes pied h terre et nous pénétrâmes dans la petite vallée qui aboutit h la résidence du vicaire apostolique du Yun-nan.

Nous découvrîmes pendant ce court trajet les paysages les plus variés et les plus pittoresques : de nombreuses sources jaillissaient des parois calcaires de la vallée et, de chute en chute, se pulvéri- Pfctlte euadt mt la route <!<• tvUu.™. - Deeela saient en une pluie argentée qui

iJe M. Drînpôrtr, il^nirs nature. , , . .

n arrivait au sol qu a 1 état de

brume lumineuse; les plateaux s'élageaicnt en plusieurs gradins chargés de riches cultures et de riantes habitations; enfin la vallée elle-même se terminait brusquement par une cascade haute d'une centaine de mètres.

Nous nous engageâmes dans une route en zigzag pratiquée sur son liane gauche, et ce ne fut pas sans émotion que nous aperçûmes le drapeau français, Bottant au sommet de la demeure de M*r Ponsot, où il avait été arboré en notre honneur. Plusieurs détonations saluèrent notre arrivée et firent prendre le galop à nos chevaux. Quelques secondes après, nous avions l'honneur de presser les mains du vénérable prélat, qui avait quitté la France sous te régne de Charles X,

L'établissement catholique de Long-ki est commodément construit et intelligemment situé» an double point de vue de la sécurité et des communications. B:Ui sur un point culminant et entouré de fortes palissades, ika été jusqu'à présent respecté par les bandes de maraudeurs qui désolent le

Page 1