COMMERCE DE LA YALLÊE DU CAMBODGE
nient importante en soie, en tabac et en coton. Malheureusement on ne peut guère estimer la population laotienne, répartie entre les provinces *le Bassac, Stung Treng, Khong, Sieng Pang, Saravan, Attopeu, etc., à plus de cent mille âmes, et la population totale de cette zone n'atteint pas cent cinquante mille individus. C'est trop peu pour un espace que Ton peut évaluer à 74000 kilomètres carrés, c'est-à-dire au huitième environ de la France.
L'émigration chinoise et annamite faciliterait beaucoup l'exploitation agricole et industrielle de cette riche contrée. Le contact direct des émigrants européens avec les indigènes serait plus à craindre, car la simplicité et la douceur des habitants encouragent à en abuser. 11 serait donc nécessaire d'avoir à Bassac un résident français devant lequel les indigènes et les Européens pussent, en cas de contestation commerciale, se présenter comme devant un juge équitable.
On pourrait facilement sans doute attirer et fixer, dans les régions salubres et fertiles des environs de Bassac, les cultivateurs chinois qui émigrent annuellement de la Chine vers Saïgon. Leurs relations avec leurs compatriotes de Cochinchine, leur activité commerciale, la suppression des douanes de Pnom Penh, seraient les plus sûrs moyens de diriger vers notre colonie le courant des échanges qui hésitent encore entre Ban Kok et Pnom Penh K
11 existe déjà quelques Chinois mariés avec des indigènes et établis comme agriculteurs dans celte partie du Laos. Depuis une dizaine d'années, un certain nombre de Pégouans s'y introduisent à leur tour et entrent en concurrence avec les négociants chinois, surtout pour le colportage. Quelquesuns paraissent vouloir se fixer définitivement dans le pays, et près de Bassac on en rencontre une vingtaine qui ont construit des maisons et épousé des Laotiennes. Ce sont les Pégouans qui apportent de Moulmein les rares cotonnades anglaises que Ton trouve dans le pays.
Pendant longtemps encore le mouvement commercial de la vallée du fleuve ne pourra justifier une tentative de navigation à vapeur sur le Cambodge» Cette navigation, si elle est rigoureusement praticable jusqu'au pied des cataractes, présente, comme on l'a yu, des difficultés extrêmement nombreuses. Entre Cralich et l'Ile de Khon, il est douteux qu'il existe un chenal offrant, aux basses eaux, une profondeur suffisante. A l'époque de* hautes eaux, la profondeur ne saurait plus faire question; mais la vitesse du courant atteint son maximum et elle est assez considérable pour annuler la marche d'un navire à vapeur, ou du moins pour entraver ses évolutions. Le changement d'aspect rie la forme des îles, la disparition des points do