‹ Voyage d'exploration en Indo-Chine effectué par une commission française présidée par le capitaine de frégate Doudart de LagréeChapitre 35 sur 197 · I. Voy. p. TO, 71 il ICK · texte numérisé non relu

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repère, rendront aussi la route incertaine, et cette incertitude sera d'autant plus dangereuse qu'un grand nombre d'îlots et de rochers seront nécessairement alors recouverts par les eaux. A quelques jours d'intervalle, certaines parties de la rivière deviennent absolument méconnaissables, et une carte ne constatera jamais autre chose que les limites extrêmes atteintes par le fleuve, soit pendant la sécheresse, soit pendant l'inondation. Les difficultés sont plus graves encore si l'on se place dans l'hypothèse de la descente du fleuve. Un navire à vapeur devra conserver une grande vitesse pour gouverner au milieu d'un courant lui-même extrêmement rapide. Il faudra donc reconnaître, avec la plus grande promptitude et la plus rigoureuse précision, le chenal étroit et sinueux qui se perd au milieu d'un dédale d'îles d'un aspect uniforme : une seconde de retard, le moindre faux coup de barre, occasionneront presque toujours un malheur irréparable, et un échouage dans de pareilles conditions de vitesse et de courant deviendra une catastrophe.

Ces considérations, en admettant l'existence d'un chenal praticable à toute époque de Tannée, doivent faire préférer la saison sèche pour la navigation du fleuve : des berges plus nettement délimitées, un courant moins fort, des points de repère plus nombreux et plus élevés, les dangers euxmêmes devenus autant de signaux indicateurs, rendront la reconnaissance du chenal plus facile et les échouages moins dangereux.

La question de la navigabilité du fleuve entre Cratieh et les cataractes ne sera définitivement résolue qu'après qu'une minutieuse étude hydrographique aura été faite de cette partie de son cours. Il est à désirer que ce travail soit entrepris le plus tôt possible.

Aux cataractes mêmes s'arrête forcément, à moins de travaux gigantesques, toute navigation continue du Mékong. On peut estimer aune vingtaine de mètres environ la différence de niveau que ces chutes établissent entre le bassin sud et le bassin nord du fleuve. De Khong à Bassac et même jusqu'à l'embouchure du Sé Moun, c'est-à-dire pendant un espace de 90 milles environ, le fleuve est facilement navigable. Mais au delà se présentent une série de rapides qui rendent très problématique la possibilité de prolonger la navigation sans une interruption nouvelle.

Le débit du fleuve à Bassac, le 5 décembre, moment où les eaux avaient baissé de 9 mètres et où le courant n'avait plus qu'une vitesse moyenne de 1 mètre par seconde, a été reconnu, après calcul, être de 9000 mètres cubes par seconde f. Le 20 septembre, jour du niveau maximum atteint par le

I. La section du fleuve a «'té prise vis-à-vis du sala de la Commission, pour le grand bras, et nu peu au-dessous de la pointe de l'île Deng, pour le petit bras. La vitesse moyenne a été déduite

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