Palma il vecchio, peintre vén. (vers
2. Ascendant de l'abbé Lith, écossais de nation, qui fut bibliothécaire de Saint-Marc avant Zanetti. V. Mis'son, t III, p. 210.
ployé, car elles manquent de goût. La plus simple est très belle, c'est celle de St-Jean-Baptiste. Toute cette ég-lise a esté faite par des nobles à Tenvi les uns des autres. Il y en a même un qui voulant enchérir sur les autres, a fait apporter de quoi faire un maître-autel à la place d'un qu'ils ont qui est petit mais joli. Il n'a pu s'accommoder avec les moines pour ses armes, et les vrais Jésuites qui n'y regardent pas de si près et qui ne se piquent que du point d'honneur, ont accepté le rebut des autres. Ce couvent n'a rien de merveilleux qu'un grand jardin pour vérité (34).
La paroisse de S.-Marciliano n'a nul dehors. C'est une petite église, mais jolie et fort claire. Les autels sont tous de marbre. Le premier est très beau, d'un goût particulier ^ Les tableaux de ce lieu sont tous modernes. Des cinq couvents que MM. les Dominicains ont dans Venise celui de SS.-Jean et Paul est le plus beau. Leur maison n'a rien de beau ni trois cloîtres qu'il ont, mais un dortoir de cent soixante-dix de mes pas est assez beau. Dans le dortoir l'on trouve la Bibliothèque, petit vaisseau, oii il y a de bonnes sculptures en bois. Un moine me la montra. Il parloit françois mais ne savait pas ce que cestoit un manuscrit. Aussi je ne pus tirer aucune lumière de ce savant personnage. J'ai trouvé une bonne invention dans ce lieu ; la séparation de la grande à la petite croisée dans laquelle sont les livres. L'on tire une table sur laquelle on peut lire et écrire et de chaque piédestal des statues il sort une chaise. Le tout se remet quand on s'en est servi et l'on; ne s'en aperçoit point. Il y a deux réfectoires dans cette maison (chose très édifiante la cuisine est au milieu) tous deux très grands et trop même pour environ quatre-vingtdix pères. Le nouveau est plein de tableaux modernes qui ne sont pas beaux. Dans le vieux il y en a d'infâmes modernes et deux de Paolo Véronèse magnifiques, surtout celui qui représente un repas, je crois, de saint Grégoire où