‹ Voyage d'Italie, 1714-1715 par le comte de Caylus. 1. éd. du code autographe annotée et précédée d'un essai sur le comte de CaylusChapitre 101 sur 197 · Au i" autel : Le Titien <« Tobie et l'aiiffe · texte numérisé non relu

Au i" autel : Le Titien <« Tobie et l'aiiffe

SO VOYA.GE d'iTALIE

est Notre-Seigneur^ Il est en trois pièces qui ont ensemble plus de trente pieds de large, mais celui-là, encore plus que l'autel, a souffert dans l'embrasement de ce réfectoire non par le feu mais par la précipitation avec laquelle on l'a voulu sauver. Dans le chapitre il y a l'histoire des patrons de la maison, qui est assez bien peinte. Dans Tantichambre de ce lieu il y a des peintures modernes qui ne sont pas mauvaises.

LEg-lise^, une des plus grandes de Venise, est bâtie à l'ancienne mode, mais claire, bien disposée et bien exhaussée. Le maître-autel de marbre n'a rien de merveilleux, les anges et les figures qui sont dessus sont mauvaises. Le martyre de saint Pierre par Titien est le plus beau morceau de l'église, et quelques-uns croyent de ce peintre^. Il y a une chapelle grande et ornée de marbre qui a de la beauté; on en fait une nouvelle qui ne sera pas moins belle. La chapelle de la Vierge* est fort en A'^ogue, l'on en peut juger par sa richesse. Il y a vingt-cinq lampes d'argent et deux anges d'assez grande taille, du même métal. La Vierge est de marbre, au milieu d'une espèce de colonnade, un saint et une sainte de m.ème espèce et qui sont le plus beau de tout l'ouvrage. Il y a dans cette chapelle plusieurs assez bons tableaux, mais rien d'extraordinaire ni de rare.

Un noble a donné en mourant cinquante mille ducats pour finir le portail de cette église, mais les bons pères l'employent à autre chose qui apparemment leur plait davantage. Cependant cette façade^ est un peu commencée et le ceintre de la porte est un gros cordon de feuillage, diton, d'une seule pièce, ce qui [en effet] m'a paru. De ce

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