Le doge Léonard Lorédan
3. Les doges B. et S. Valier et Elisabeth Querini-Valier, épouse du premier.
falloit au moins que le mausolée fut dig-iie d'eux et que les deux Renommées qui sont au-dessus des trois bustes, peintes sur toile, fussent un beau morceau de peinture.
(35) A la Caj'ita dont j'ai parlé^ily a unecella ou confrérie. La salle d'en bas n'a nulle beauté, celle d'en haut, où l'on monte par un assez vilain deg-ré, est lambrissée avec une sculpture en bois qui n'est pas laide. Elle est pleine, du reste, de peintures modernes. Une de Ricci, qui est à présent en Angleterre, me plaît assez, et une naissance de N.-S. dans la nuit, assez dans le goût de celle du Gorrège' de Balestra qui a de la beauté. Un autel de marbre blanc est assez joli : les figures de la Vierge et autres n'ont pas grande beauté. Dans une petite chambre à côté, l'on montre plusieurs reliques qui seroient belles si elles estoient vraies.
Cependant on ne les montre que rarement et on nomme cela le Trésor, gardé dans de très vilains reliquaires. La véritable et à plus juste titre, se voit dans le même endroit; c'est un tableau du Titien, bien conservé et très beau, qui représente la Vierge dans son enfance montant au Temple. Il y a dans cette toile une tête de vieillard inimitable^!
L'église de S. Slefano des Augustins, n'a ni portail ni architecture ; elle n'a de beau qu'un autel de marbre qui est le grand, fort élevé et fort simple de Sansovino. L'on y voit sur un petit autel un petit tableou du vieux Palma qui est une Sainte Famille et un St-Augustin de Liberi. Les moines sont las de quelques tableaux d'un même auteur qui sont dans la sacristie*^ et que je n'estime pas. Dans leur cloître l'on voit les restes de fresques par le Pordenone*,. l'émule du Titien ; ce qui en reste est beau.
La jeunesse, y compris les deux sexes, doit trop à rx\rétin^ pour que je n'aie pas esté chercher son tombeau et lire
\. Y. pages sur Modène : « Lanuit de Noël » du Corrège, actuellement à Dresde.