‹ Voyage d'Italie, 1714-1715 par le comte de Caylus. 1. éd. du code autographe annotée et précédée d'un essai sur le comte de CaylusChapitre 162 sur 197 · Le péché originel, » « Vénus et l'Amour, » « Samson · texte numérisé non relu

Le péché originel, » « Vénus et l'Amour, » « Samson

3. « ... Il y a aussi une « Andromède » du Guide, mais elle paroit presque sans frayeur; du reste, le tableau est admirable. >• Montesquieu, p. 198.

4. ... J'ai vu la. Noce Aldohrandine, le dessin en est bon; les attitudes, belles; mais nous peignons mieux. C'est un morceau de muraille qu'on a ran=;porté. On voit l'époux à terre, avec un air de résolution; l'épouse est

ce morceau m'a fait bien du plaisir à voir. Une façade de la maison est ornée de bas-reliefs, où les figures sont presque aussi grandes que nature, fort beaux, entr'autres les deux combattants m'ont paru n'estre pas des plus mauvais. Trois petits frontons de marbre représentant des trophées méritent d'estre admirés, surtout celui qui est sur la porte; la délicatesse de Touvrage et la façon dont il est conservé n'en sont pas la moindre beauté.

La belle église de S. Andréa délia Valle est une basilique située, dit une inscription, au centre de la ville. L'on y voit des fresques magnifiques du Lanfranc et du Domenichino dans la coupe et le chœur ^ Il y a plusieurs autres tableaux dignes d'estre vus, entr'autres un d'une « Vierge » de Jules le Romain. Il y a de belles chapelles ornées et revêtues de marbre, celle des Gineti est belle, ornée d'agate, lapis-lazuli, etc. Il y a un assez beau bas-relief sur l'autel. L'autre qui appartient aux Strozzi est du dessin de Michel- Ange. 11 y a des colonnes d'un marbre bien rare et de belles statues de bronze. L'architecture du dedans est belle ainsi que la façade.

L'église de S. Maria in Porlico ou in Campitelli a une belle façade. Le dedans [est] fort orné de pilastres et de colonnes cannelées, jusques à une certaine hauteur de marbre. Je ne trouve pas grande proportion du côté de la porte avec la façon dont le bâtiment est terminé du côté de l'autel. La chapelle Altieri est belle, ornée de beaux marbres et surtout de jaune antique, mais elle la cède de beaucoup à celle qui est à côté où sont les tombeaux du duc de Montanaro et de sa femme ; sur l'un est écrit NIHIL, sur celui

assise sur une espèce de lit; et la « pronuba » est auprès d'elle qui l'instruit. Ibid.

1. «... L'admirable dôme représentant le Paradis est peint à fresque par Lanfranc, d'une hardiesse, d'une facilité et d'une « vaghezza » merveilleuse; c'est un ouvrage de la première classe.... Vous serez au moins aussi content de la coupole du chœur, peinte par le Dominiquin, d'une parfaite correction de dessin, avec une précision qui approche encore plus de l'exactitude sévère du Poussin, que des grâces adoucies de Haphaël. » Di? Brosses, lettre XLl, p. 128.

de la femme VMBRA, sans inscription et sans bronze audessous de leurs bustes. La façon dont les marbres et les bronzes sont ajustés m'a fait grand plaisir à voir. M

Auprès de la porte Appia ou Capena est le reste de VArc érigé en l'honneur de Dr usas père de Néron, pour la victoire remportée sur les iVllemands. En Allemagne, même encore aujourd'hui, les mères pour faire peur aux petits enfants leur [nomment] Druse. Ce bâtiment estoit simple, il n^estoit pas mal conservé.

En sortant par cette porte qui est Tancienne et par laquelle passoit la via Appia, l'on voit jusques à Albane des ruines des mausolées antiques, les uns ronds, les autres carrés. Ceux que l'on trouve le plus près et qui sont reconnus sont : celui de la sœur des Horaces, celui de Servilia et celui de Livia. Puis l'on trouve une petite chapelle nommée « Domine quo vadis,)) des paroles que saint Pierre dit à Jésus- Christ qui lui apparut dans le chemin lorsqu'il s'enfuyoit de Rome. Le seigneur laissa l'empreinte de ses pieds sur la pierre; ceux que l'on voit sont mal faits. Devant cette chapelle est le reste du tombeau de Scipion l'Africain ^ ; Turne de porphyre que l'on voit au palais Borghèse a esté trouvée là avec une urne que l'on A^oit au palais du prince Savelli. Il y avoit autour de ce tombeau des niches dans lesquelles estoient les statues des hommes illustres ; celle du poète Ennius, grand ami de Scipion, y estoit. Dans la plaine à droite et à gauche du chemin jusques au Testaccio, estoient les tombeaux des Romains. La quantité de terre cuite en urnes, briques, et autres ouvrages, me font croire que cette montagne est véritablement formée de ces débris. Lorsque l'on a défriché ces terres il y en avoit deux rangs les uns sur les autres : j'ai vu un ouvrier y travailler. On trouve des urnes, des lacrimatoires, quelquefois des inscriptions et des marbres et dans les voûtes presque toujours des peintures ; je

1. Ce célèbre tombeau fut retrouvé en 1780 et Pie II en fit transporter au Vatican le sarcophage qui renfermait les restes de L, Cornélius Scipio Barbalus.

n'ai guère vu que des oiseaux et des fleurs. Les gens de condition, ou par leur naissance ou par les belles actions qui les avoient illustrés, avoient leur tombeau en grand le long du grand chemin qui servoient et d'ornement et d'instruction (109).

La basilique de Saint-Sébastien est tout auprès. Ce n'est ni une grande ni une belle église. On prétend v avoir le corps de ce jeune saint, dont la statue en marbre n'est pas mauvaise. Ily a une assez jolie chapelle revêtue de marbre. Dans un souterrain on a trouvé les corps des saints Pierre et Paul. Il V a sous cette église sept rangs de catacombes les uns sur les autres, mais on ne peut plus les visiter, : plusieurs pèlerins s'estant perdus on en a bouché les entrées,

A trente pas, au-dessus de cette basilique, Ton voit les ruines assez conservées du palais où les ambassadeurs estrangers demeuroient trois jours pour attendre si le Sénat les vouloit recevoir. La maison dans laquelle ils habitoient estoit soutenue par une voûte circulaire, appuyée d'un pilier au milieu, ce que bien des gens admirent. Ce lieu est encore ceint de fort grands murs le long desquels régnoit des portiques. Le tombeau de Caecilia Q. Cretici fîliae Metellae Crassi, sur lequel on lit cette inscription, est un des plus beaux monumens dans cette espèce que l'on puisse voir. Le bas en estoit de forme carrée et le haut se fermoit en tour terminée par une frise dont les ornemens sont beaux. On y voit des têtes de bœuf, ce qui a fait baptiser par le peuple cette tour « la tour du bœuf ^ » Elle [est] encore revêtue de grande et belle pierre en haut, mais le bas a esté détruit pour l'église de Saint-Sébastien. L'épaisseur du mur carré est de vingtdeux pas. Du temps de la guerre des Colonna et de Boniface YIII, les premiers avoient bâti sur cette tour et y avoient une espèce de fort, ainsi que sur les fondemens d'un des Castra Pretoriana, [où] ils avoient élevé des murs pour défendre le passage.

\ . Cnpo cli Bove.

Au bas des murs du palais des Ambassadeurs est le commencement du cirque de Caracalla^ qui est une des curiosités les plus curieuses que Ton puisse voir puisque c'est le cirque le mieux conservé qui subsiste; cependant on n'en voit que la forme. Les ambassadeurs de leurs murs en portique voyoient ce qui se faisoit dans le cirque qui commençoit sous leurs yeux. Les tours sous lesquelles estoient les portes d'où sortoient les chariots subsistent et on connoît bien leurs formes. Il ne reste que celles-là des douze qui environnoient le cirque, dans lesquelles se tenoient la noblesse. Le peuple estoit surles g-radins, on ne voit que la largeur qu'ils occupoient. Dans la voûte qui les soutenoient, on voit, dans l'épaisseur de la maçonnerie, des urnes qui ont le goulot en bas. Des savants sont en dispute pour savoir si cela a esté fait ou pour expédier l'ouvrage plus vite, ou bien pour porter les cris et les applaudissemens du peuple par toute la ville. Quoy qu'il en soit, on voit aussi la tribune où se tenoit l'Empereur. Ce cirque peut avoir cinq cents pas ou environ de longueur; l'extrémité se termine encercle au milieu duquel on voit encore dans son entier la porte par laquelle sortoit le victorieux. Cette porte donnoit et donne encore sur le chemin d'Albane ; on voit encore quelques restes des peintures dont elle estoit ornée.

Peu loia du cirque. Ton voit les restes du temple du dieu ridicule, bâti au mépris d'Annibal, quand il manqua de prendre Rome^. L'on en voit un autre, qui est la plus grande ruine faite en l'honneur de la valeur, lorsque, du temps de Marcellus, Siracuse fut prise.

J'oubliois de dire que dans le cirque de Caracalla, on voit le lieu où estoit planté l'obélisque qui est aujourd'hui en place Navone. L'on distingue 1' « espine ou arête » qui de l'obélisque alloit au but ; sur cette espine on voyoit beaucoup de statues de divinités (110).

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