Lettre LXIV
INTRODUCTION XXXVIl
Politique, littérature^ philosophie, nouvelles du jour, chroniques parisiennes, tout lui est indifierent. Il ignore la mort de Mme de Pompadour, il apprend les actualités de France par l'étranger. Si après 1762 il tend l'oreille aux causeries des deux salons qu'il fréquente, c'est uniquement pour les passer au théatin si empressé à lui plaire et à l'obliger. Il ne s'occuperait de personne et ne vivrait que dans le passé : en effet, quel intérêt peut avoir cet athée à la lutte des Jansénistes contre les Jésuites? Quels plaisirs offrent à cet antiquaire préoccupé de vérité les élucubrations ampoulées et creuses des philosophes? Ce qui occupe sa vie le conduit à démêler les ridicules de l'humanité, ses inconséquences, et à atteindre, par l'amour d'elle, par l'excuse de ses défauts, à Tindifférence complète de tous les petits intérêts qui divisent les hommes ^ Il ne parcourt pas une des brochures sur les Jésuites qu'il envoie par paquets à Paciaudi, il ne donne même pas un coup d'œil à la biographie de son oncle, Tévêque d'Auxerre, avouant avec sa sincérité habituelle « ce n'est pas de ce côté-là que j'aimais mon oncle ^ »
Néanmoins, pour satisfaire à l intérêt de Paciaudi^, il fait quelques allusions aux personnages et aux événements de Paris. Il le fait pour acquit de conscience. Souvent sa manière de voir est la bonne, mais la forme ne cesse d'être rude, voire brutale. Voici une poignée de glanures; le lecteur y démêlera le grain de l'ivraie.
(( Je connais peu Diderot parce que je ne l'estime point, mais je C7'ois qu'il se porte bien. Il y a de certains bougres qui ne meurent pas.