XXXVI INTRODUCTION
une période de disette, il se compare au tronc d'église qui porte l'inscription : « Je suis en très grande nécessité. » La nouvelle que les Jésuites d'Italie se font antiquaires le met au comble de la colère : « Ils vont encore me couper les vivres! Je ne m'attendais pas à ce trait'! » L'abbé Galianilui mande de Naples la mort d'un curieux dont les bronzes bons ou mauvais pèsent cinq quintaux; il s'engage à lui pourvoir, à cette vente au poids, un quintal de monuments. L'offre divertit Gaylus qui aurait peut-être réclamé les cinq quintaux, s'il n'eût craint les brocards de ce polichinelle de génie.
On conçoit qu'à force de s'alimenter d'une passion aussi exclusive, il s'exalte et se surprend à caresser l'idée de voler les manuscrits d'Herculanum. Lui, si probe, communique son plan criminel à Paciaudi, lequel ne le condamne pas, puisque Gaylus revient par trois fois sur le même sujet. 11 sent la difficulté de réussir, mais il estime qu'il est bon d'avoir le vol en vue-. <' Si je pouvais fourrager deux heures dans le cabinet du roi de Naples, que je ferais de bonne besogne ^\ »
Gaylus défendait sa porte avec rage. Paris tourbillonne dans les fêtes, les bals, les magnificences de tout genre : lui, fermé à double tour dans son laboratoire, est inondé, étouffé, accablé par ses bronzes égyptiens qui viennent d'arriver. Le vacarme de Paris en liesse le pousse à partir pour Pontchartrain\ Que les fêtes pour la paix^ tournent les têtes du pays déjà légères et frivoles^ lui prendra le parti du sage et continuera à besogner ailleurs^. Il ne cherche pas à connailre des hommes nouveaux et serait presque tenté de mettre à la réforme plusieurs de ses vieux amis.