‹ Voyage d'Italie, 1714-1715 par le comte de Caylus. 1. éd. du code autographe annotée et précédée d'un essai sur le comte de CaylusChapitre 39 sur 197 · Lettre à Du Tillot · texte numérisé non relu

Lettre à Du Tillot

XUI INTRODUCTION

« Plus je vis et plus je vois qu'on a beaucoup de pjeine à savoir une chose très imparfaitement^ . «

Cavlus défère aux Italiens la supériorité en matière d'archéologie. Tout le monde est, d'après lui, antiquaire à Rome où l'on naît au milieu des monuments et où l'on a dès le maillot un priape pour hochets L'ordre de Benoît XIV de ne point laisser sortir de Rome les belles antiques, le ravit, et il lui sait gré de veiller à leur conservation. Son esprit plane avec délice sur le Gapitole, qui jadis faisait trembler la terre par toutes les horreurs de Mars et qui est aujourd'hui Tasile de la Paix et le grand livre des antiquaires^. Là est l'école où l'on apprend à épeler le mot u génie. » Invité à trancher une controverse, il répond qu'un Gaulois est malvenu au milieu d'Italiens érudits. Toutefois, son culte pour l'Italie ne détourne pas ses yeux de la France. Barthélémy lui déclare que la France est le pays de fer des antiquaires, que la barbarie y règne encore*; il se confond en doléances. Caylus fait mieux que gémir; il interroge le sol de l'ancienne Gaule, établit des correspondants dans la vallée du Rhône, achète les cartons des antiquités de la France méridionale, dessinées par Mignard, d'après l'ordre de Colbert, empêchant ainsi que la veuve du peintre ne s^en serve pour allumer le feu. Il entretient avec l'antiquaire Galvet^ une correspondance suivie — du 17 mars 1761 au 10 août 1765 — où il est possible de

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