Le mss. donne Staff au lieu de Slaffora
de ce saint qui est assez belle mais que je trouve un peu trop chargée de bronze. Elle est posée sur un piédestal de marbre blanc avec une inscription assez belle cjue j'ai dans mes tablettes.
— Quod viventis modestia vctuif in Capitolio, poni poste- 7'oruni pietas hic erigi curavit. —
Le Collège de Borromée est plus beau pour le bâtiment. La façade ne m'en plait pas; l'intérieur est en carré à double rang de pilastres assez beaux. Il y a un assez joli jardin. Lon voit aussi le vieux château de briques tout à fait antique et qui n'est pas bon à gTand'chose. Les fortifications de la ville sont de très mauvais raccommodages à la moderne, entés sur de vieilles enceintes qui défendent Pavie sur le bord du Tessin. Les églises ne m'y ont pas paru belles. J'y ai vu la Cathédrale qui ne ma pas plu. quoy qu'on la dise bâtie par des François. Ils ont recommencé à la rebâtir: elle sera mieux. L'on voit devant la porte de cette église un piédestal sur lequel est posée une statue équestre de bronze que Ion dit estre d'Antonin le pieux, apportée de Ravenne par les Françoise Quoyqu'antique je ne trouve ni la figure ni le cheval bien'. Ce dernier n'est pas posé sur les jambes. \ous fûmes voir le tombeau de saint Augustin où il nest points II est de marbre fort beau, c'est-à-dire, le marbre : l'ouvrage n'y est point épargné, mais il est vilain. Les Augustins et les Théatins prétendent dans un caveau en posséder la relique, et se la disputent. Pour les accorder, l'on a marqué une ligne qui partage l'église et on leur a donné à chacun leur part de
i. En 15!:^. après la victoire remportée par les Français sur l'armée hispano-papale, et dans laquelle périt Gaston de Foix. Mais cette statue, que Ton pensait être d'Antonin. fut probablement apportée de Ravenne, lorsque cette ville fut prise et saccag:ée par Liutprand, roi des Lombards.
f. De Brosses (t. I. p. 83). « Ce n'est, à mon sens, qu'un très détestable ouvrage de quelque Ostrogoth. »
3. La légende raconte que ce même roi Liutprand apporta, de Sardaigne à Pavie, le corps de saint Augustin.
l'office à dire et du caveau. Il y a auprès du lieu où ils le disent estre, un puits, qu'ils baptisent du nom de fontaine, auquel ils attribuent des miracles.
Nous fûmes voir à l'église de Sta Maj'ia in pertico les os des François rassemblés de la bataille où François P^ fut pris^ L'on nous montra aussi une tour bâtie sur le coin d'une maison appuyée sur un pilastre d'un pied en carré jusque à vingt en hauteur, qui va toujours en s'élargissant jusque à la largeur, ou environ, de deux toises en carré (8). Elle n'est pas fort haute et est de vilaine maçonnerie, cependant assez extraordinaire. Elle se nomme Pi tsindon~. La ville de Pavie est assez grande, très peu peuplée, ayant de vilaines rues malpropres et, outre l'irrégularité, très mal bâties. 11 n'y a de passable que la grand' rue qui traverse toute la ville et qui est assez marchande. Nous logeâmes « Au Faucon, » assez bon, qui est sur la grande place qui ne mérite pas de description, quoy qu'elle soit bâtie en carré long, régulier et quelle ait des arcades qui en fassent le tour. Nous partîmes de cette ville le lendemain matin, après y avoir demeuré l'après-midi pour voir ce que je viens d'écrire.
Nous fîmes, dans le plus agréable chemin que l'on puisse imaginer, bordé de beaux arbres et de deux na villes qui, joint à la vue du plus beau pays du monde, sont des objets charmants et qui empêchent que l'on ne sennuye, [quelques milles]. Après trois milles, nous quittâmes le grand chemin pour aller à la Char'treuse de Pavie.
L'on y arrive par une grande avenue magnifique et fort droite qui conduit du chemin à la maison qui mérite d'estre vue pour plusieurs raisons que je vais décrire.
La cour ni la maison n'ont rien d'extraordinaire; la façade qui donne sur la cour est assez belle, avec de grands cloîtres dont les piliers sont de marbre. Il y en a un petit dans