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CHAPITRE III

En sortant des offices, je m'arrêtais toujours devant le noir cortile (i), orné des blanches statues de Michel-Ange.

J'aime à la folie les vieilles fabriques qu'on rencontre dans presque toutes les villes d'Italie. Leur couleur brunie est d'un effet superbe et se dessine à ravir sur un ciel azuré.

Suivant moi, Michel-Ange a mis tout son génie dans l'anatomie des statues; elles sont d'un dessin merveilleux, mais elles ne disent rien; elles n'ont point de vie. Tel est du moins le David àt Florence (2). On vante sa statue

motifs attirèrent sur M. Demidoff toutes les vexations de la police... et le Russe bienfaisant... alla s'établir à Florence, n Tome I, p. 19S, édition de 1S53.

(i) Sans doute l'arcade dite d'Orcagna, sur la place de la Seigneurie. Les statues, depuis 1826, ont été plusieurs fois changées de place.

(2) Le David colossal qui est maintenant à l'Académie de Florence était jadis placé en plein air devant le Palazzo Vecchio. Il est curieux de rapprocher de ce jugement de la comtesse ce passage de Burckh.\rdt, Cicérone : u Le spectateur est singulièrement prévenu contre un artiste (Michel-Ange) dont la grandeur s'impose généralement à

de la Nuit qui décore le tombeau de Jules de Médicis ; mais je fus désagréablement surprise devant ce chef-d'œuvre. C'est l'image vulgaire d'une grosse femme toute déformée qui semble s'assoupir. La sacristie et la magnifique chapelle de Saint-Laurent m'ont paru fort audessous des éloges que les voyageurs leur prodiguent. Il est fâcheux de voir tant de richesses employées à une construction d'un goût corrompu. Je préfère l'église de Santa Croce, où plus d'un beau mausolée réveille de grands souvenirs. Celui d'Alfieri passe pour un des plus fameux ouvrages de Canova. Je ne saurais dire au juste pourquoi cet artiste me semble ne pas mériter toute sa réputation. A force d examiner ses œuvres, j'ai décrété à part moi qu'il manquait de génie et n'avait que du talent. Aussi ses compositions sont-elles gracieuses, mais uniformes. Il y a quelque

lui, et dont les sentiments pourtant s'éloignent si absolument des siens propres. »>

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