‹ Voyage d'ItalieChapitre 25 sur 120 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

construction italienne qu'on me dit être de Vignole. Nous traversâmes une grande et belle place qui semble déserte. Gare à ceux qui jetteraient un œil observateur sur les fontaines avoisinantes, — un nouveau désappointement les y attend, — c'est encore l'art moderne dans toute son inertie.

La soirée étant déjà fort avancée et la pluie tombant à torrents, il fallut s'enfermer jusqu'au lendemain à l'hôtel Torlonia; nous y trouvâmes un appartement vaste et commode.

C'est par une matinée sombre et pluvieuse que le i6 novembre j'entrevis le Colisée. Cet édifice vaut à lui seul le pèlerinage à Rome. Ce n'est point un de ces monuments dont l'amateur peut seul apprécier les beautés. Ce n'est point un de ces vestiges de l'antique qui appartient au seul savant. C'est un souvenir encore palpitant de la grandeur des Romains, c'est un débris de leur magnificence. Tout étonne et charme l'œil, — élégance et simpli-

cité, harmonie et beauté des lignes. L'imagination reste confondue en songeant qu'une seule génération vit commencer et finir cette construction colossale. Vespasien, au retour de la guerre qu'il fit aux Israélites, employa les prisonniers à ce travail gigantesque; Titus fit la dédicace du Colisée, qui fut d'abord consacré aux jeux sanguinaires.

Cette première fête fut accompagnée de combats de gladiateurs, et l'histoire rapporte que pendant cent jours que durèrent ces réjouissances cinq mille bêtes féroces, et presque autant de gladiateurs , y perdirent la vie. Après avoir servi plus de trois siècles à ces joutes barbares, il fut transformé par les Annibaldi en château fort. \'ers 1332 on y vit un magnifique tournoi. Depuis, il a fourni des matériaux pour les plus beaux palais de Rome et particulièrement pour celui des Barberini ; c'est à coups de canon qu'Urbain VIII (Barberini) fit démolir une grande partie des ga-

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