‹ Voyage d'ItalieChapitre 26 sur 120 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

leries pour en retirer plus promptement les colonnes et les corniches nécessaires au palais de son neveu (i). Tant de criminels efforts et de barbares attentats n'ont pu renverser l'œuvre puissante d'un seul homme. Le Colisée esc encore là, il regarde passer les siècles et semble avoir sa part d'immortalité (2).

On rendrait un grand service aux voyageurs de les mener les yeux bandés jusqu'à ce quartier éloigné du centre de la ville. La Rome moderne est peu faite pour préparer à la vue de cet antique édifice, — des rues sales, des maisons mal bâties, partout la néghgence et la. malpropreté, la misère d'aujourd'hui à côté de la magnificence d'autrefois.

Un seul quartier de Rome semble réservé

(i) De là le proverbe : Oiiod noji fecerunt harhari fecere Barberini.

(2) <« L'homme le plus fait peur les arts, Jean-Jacques Rousseau, par exemple, lisant à Paris la description la plus sincère du Colisée, ne pourrait s'empêcher de trouver l'auteur ridicule à cause de son exagération ; et , pourtant, celui-ci n'aurait été occupé qu'à se rapetisser

aux voyageurs aristocratiques : c'est la place d'Espagne et les rues avoisinantes. Aussi le prix répond-il à la vogue. Nous voilà établis à la via délia Croce, dans un des meilleurs appartements de Rome; je ne m'en serais pas doutée si on ne nous eût demandé cinquante louis par mois ; pour toute ressource nous n'avons que deux cheminées pour chauffer ce vaste local. Ici, il faut vivre de soleil et de souvenirs.

22 novembre.

Le seul des princes romains qui se croit obligé de faire les honneurs de Rome est un personnage fort extraordinaire.

Le banquier Torlonia, duc de Bracciano, grand d'Espagne, marquis de Roma-Vecchia et seigneur de bien d'autres fiefs, reçoit une fois par semaine tout ce qu'il y a ici d'étrangers distingués. La maison est superbe. On y

et à avoir peur de son lecteur. »> SrENDH.\L, Promenades dans Rome, t. I, p. 24.

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