CHAPITRE VII
fatigué de tant de magnificence, veut se reposer sur un site plus champêtre, il trouve à l'extrémité de ces jardins somptueux un bois de pins, une ferme, des gazons, tout le charme d'un parc anglais. Nous cueillîmes des anémones sauvages, l'herbe en était émaillée tout le long du bois. Leur couleur brillante annonce déjà le printemps.
17 janvier.
Quel climat ! quelle température ! que les Italiens sont heureux d'être nés sous ce ciel! Ce matin, l'air était si doux, le soleil si brillant, l'atmosphère si veloutée qu'on se croyait presque aux approches de l'été (i).
18 janvier.
La sœur du roi de Wurtemberg, — qu'on nomme ici princesse de Montfort (2) et qui,
(i) ((Il est des jours où la beauté seule du climat de Rome suffit au bonheur. » — Stendh.\l.
(2) Catherine, seconde fille de Frédéric, roi de Wur-
jadis, épousa Jérôme Bonaparte, roi de Westphalie, — ayant témoigné le désir de me voir, m'a reçue hier. A mon grand étonnement, j'a trouvé une personne parfaitement aimable, causant bien, ne conservant rien de la raideur de son pays et n'ayant acquis en France que ce qui pouvait s'allier aux vertus dont elle est le modèle. Je connaissais Jérôme, qui était venu à Varsovie (i) au temps de ses prospérités et s'amusait à jouer au roi; je le retrouvai à Rome prince déchu et séducteur suranné. Il portait à la boutonnière la décoration de la Légion d'honneur ; il s'entourait d'un certain faste, — peut-être payait-il de cette façon un tribut à l'origine royale de sa femme.
Le ciel, qui n'avait point accordé d'enfant à Jérôme du temps de ses grandeurs, le dé-
temberg, et d'Augusta, princesse de Brunswick, était la mère de la princesse Mathilde.
(i) Yo'ir Mémoires, p. 318-320.