CHAPITRE VII
flammes font grand'peur au Cassandrino. Il se cache derrière sa compagne. Rhadamante, assis à son bureau, distribue des entrées; il prend tout d'abord un air revêche , mais finit par céder aux instances de la sibylle. Nos voyageurs ont bientôt franchi les enfers. Il est temps, car notre héros n'en peut plus et va mourir de frayeur et de lassitude. Enfin voici l'Olympe, et Jupiter sur un trône d'or, et les globes azurés semés d'étoiles en diamants, et les dieux et les déesses dans des nuages couleur de rose !
Le citadin reste ébloui, mais combien son émerveillement augmente encore lorsqu'il aperçoit le dieu Mars, tenant par la main son Benjamin, qu'il présente au souverain des dieux ! Jupiter fait à l'enfant un accueil fort honnête, il l'engage à persévérer dans la noble carrière des armes. Après quoi, ill'envoie faire un tour dans les immortels jardins de l'Olympe ; là, notre petit homme est encore à la hauteur
de la situation, il se divertit à merveille entre les déesses, qui chantent chacune un couplet, et les dieux, qui esquissent de gracieux entrechats.
La toile tombe, et les applaudissements commencent. L'enthousiasme est délirant, on crie, on s'extasie. J'avoue que l'enivrement général m'a gagnée et que, de ma vie, je n'ai applaudi de meilleur cœur.
i6 janvier.
Il est dit que je ne jugerai rien comme les autres ! On m'avait assuré que la villa Borghèse était la plus belle de toutes les villas romaines, mais c'est à la villa Pamphili que j'accorde la palme. C'est le modèle, le chefd'œuvre des jardins italiens. Les berceaux de lauriers toujours verts dont l'ombre défie les rayons du soleil, les nombreux jets d'eau, les rampes, les statues, tout est enharmonie avec l'élégante régularité du Casino. Et quand l'oeil,