‹ Voyage d'ItalieChapitre 45 sur 120 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

qu'elle rompe le silence, qu'elle lui pardonne et qu'elle lui promette de ne plus revenir. Je ne vois que cette manière de le rendre à la santé et au repos. C'est en partageant leur délire qu'on guérit les êtres dont la souffrance prend sa source dans les maux de l'imagination.

Il fallut chercher longtemps avant de rencontrer une jeune fille dont la taille et les traits pussent être comparés à ceux dont Littleton parlait avec tant d'enthousiasme. Tout enfin étant arrangé d'après les conseils du médecin, on décida de tenter un dernier effort pour sauver l'infortuné qui déjà semblait être sur le bord de la tombe.

Au jour fixé, il fut convenu que le docteur ne quitterait pas la chambre du malade, afin de juger par lui-même de l'effet d'une crise aussi décisive. C'était un soir d'automne; l'air, fortement agité par une brise du nord, avait quelque chose de glacial. Les feuilles étaient

déjà tombées, et l'aspect de la campagne disposait à la mélancolie. Littleton, plus sombre encore que de coutume , errait au bord de l'Océan, dont les vagues venaient se briser contre la terrasse du château. La mère, inquiète, voyant qu'il prolongeait sa promenade, l'envoya chercher; il revint lentement, s'assit auprès d'elle sans proférer un mot et resta plongé dans ses tristes pensées. Onze heures et demie sonnèrent, il frémit, prit tristement la main de sa mère, la pressa sur son cœur flétri et se retira dans sa chambre. Le médecin le suivit sans qu'il s'en aperçût; caché dans un coin de la chambre, il observait attentivement. Au bout de quelques instants, la porte s'ouvrit doucement, et la vision mensongère s'étant avancée, Littleton poussa un profond soupir. Mais quel fut l'effroi du médecin lorsque, après un court silence, le malade , jetant un cri perçant . prononça ces mots :

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