CHAPITRE VII
Paris sous la seconde race.
Pendant l’époque carlovingienne, Paris continue son âge barbare. Ce n’est, comme à l’époque gallo-romaine, qu’une ville de bois protégée par son fleuve et montrant son orgueilleux palais de briques déjà en ruines comme un précieux vestige de son passé. Le grand homme de cette période, Charlemagne couronné empereur d’Occident, dédaigne la ville des mérovingiens. Il veut placer au centre du monde germanique, la capitale de cet empire éphémère dont ses fils ne pourront soutenir la grandeur. Aix-la-Chapelle devient sa ville de prédilection, et il habite rarement Paris.
Bientôt arrivent les Normands. Sur leurs barques légères, ils remontent la Seine, et pendant plusieurs années de ce siècle que les chroniqueurs s’accoudent à nommer le siècle de fer, ils portent jusqu’à Paris même, dans le beau bassin qui s’étend jusqu’à l’Océan, la dévastation et la terreur. Charles-le-Chauve se décide à fortifier Paris contre leurs incursions. Il avait
d’un curieux dans taris 34
pressenti que ces pirates voudraient un jour continuer la conquête du pays. En effet, en 883, trente mille Normands paraissent devant la cité et en font le siège pendant huit mois. Le comte Eudes et l’évêque Gozlin défendent la n ille fortifiée par Charles-le-Chauve avec un courage qui fut couronné de succès. Le moine Abbon, qui nous a conservé le récit de ce siège, dit avec beaucoup de justesse que le salut de la ville fut celui de la monarchie.
Nous trouvons, vers la fin du xe siècle, que Paris a peu gagné en étendue et que c’est toujours la ville défendue parle fleuve avec ses ponts fortifiés, ses deux faubourgs au nord et au sud. De petites agglomérations d’habitations rurales se groupent autour d’elle, qui plus tard firent partie de l’enceinte, telles que Saint- Marcel, Sainte-Geneviève, Saint-Germain-l’Auxerrois, Saint-Martin-des-Champs. C’était la religion qui élevait peu à peu des églises importantes par leurs souvenirs et attirait ainsi auprès d’elles les populations.