SERAIT PLUS CONVENABLE
J 'ai résumé de mon mieux, sous les chefs qui précèdent, toutes les exceptions à la maxime pratique « que les affaires de la société sont mieux faites par l’action libre de la volonté des particuliers. » Toutefois il fautajouter que
consacrer aux recherches originales, et les plus grands progrès qui aient eu lieu dans les diverses sciences morales et physiques, ont eu pour auteurs ceux qui les enseignent publiquement, depuis Platon et Aristote, jusqu’aux plus grands noms des universités d’Écosse, de France et d’Allemagne. Je ne parle pas des professeurs anglais qui n’ont, comme on sait, qu’un titre presque sans aucune fonction. Lorsqu’il s’agit d'un professeur qui enseigne dans un grand établissement d’instruction, le public peut juger, sinon de la qualité de l’enseignement, au moins du talent et de l’habileté de celui qui enseigne, et il est plus difficile de faire un mauvais emploi du pouvoir de nommer à de telles fonctions que de distribuer au hasard des pensions et les honoraires à des personnes qui ne sont pas aussi directement sous l’œil du public.
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l’intervention du gouvernement ne peut toujours être renfermée dans la limite des cas qui conviennent par nature à cette intervention. A un certain moment et avec certaine nation, il n’est guère de chose importante pour l’intérêt public qu’il ne soit désirable, sinon nécessaire, de voir entreprendre par le gouvernement; non que les particuliers ne puissent le faire, mais parce qu’ils ne veulent pas le faire. Il y a des temps et des pays où il n’y aurait ni routes, ni bassins, ni ports, ni canaux, ni travaux d’irrigation, ni hospices, ni écoles, ni collèges, ni imprimeries si le gouvernement ne faisait tout cela ; parce que la masse du public est trop pauvre pour trouver les fonds nécessaires, ou trop peu éclairée pour apprécier l’importance des résultats, ou trop peu accoutumée à l’association pour trouver moyen de faire ces choses. Cela est vrai, plus ou moins, de tous les pays habitués au despotisme, et particulièrement chez ceux où le gouvernement et la masse du peuple sont à un degré très-différent de civilisation, comme dans les pays conquis dont la population est placée sous la domination d’un peuple plus énergique et plus civilisé. Dans plusieurs parties du monde, les peuples ne savent faire par eux-mêmes rien qui exige de grandes ressources et une association d’efforts : tout ce qui demande ces deux conditions n’y est pas fait, si l’État ne le fait. En ces cas, le gouvernement ne peut mieux témoigner de la sincérité avec laquelle il se propose d’être le plus utile qu’il peut à ses sujets, qu’en faisant les travaux que la faiblesse de ceux-ci laisse à sa charge, de manière à ne pas augmenter et perpétuer cette faiblesse, mais plutôt de manière à la corriger '. Un bon gouverne-
1 Je m’étonne que Mil! n’ait pas vu qu’il raisonnait comme tous les partisans de l’arbitraire, il faut chercher le droit, la
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ment donnera son aide sous une forme telle qu’il encouragera et alimentera tout commencement d’effort individuel qui semblera se produire. 11 apportera beaucoup de soin à éloigner ce qui peut faire obstacle aux entreprises particulières ou les décourager, et à leur donner toutes les facilités, tous les conseils, tous les secours qui leur seront nécessaires : ses ressources pécuniaires seront employées, lorsqu’il le pourra, plutôt à venir en aide aux efforts particuliers qu’à leur faire concurrence, et il mettra en œuvre tout le mécanisme des récompenses et des honneurs pour provoquer des efforts semblables. Les secours du gouvernement , lorsqu’ils sont appliqués à défaut d’esprit d’entreprise de la part des particuliers, devraient être accordés de manière à présenter autant que possible un cours d’enseignement dans l’art d’accomplir de grandes choses au moyen de l’énergie individuelle et de l’association volontaire.
Je n’ai pas cru nécessaire d’insister ici sur cette partie des fonctions du gouvernement que tout le monde s’accorde à considérer comme indispensable , la fonction d’empêcher ou de punir les actes du particulier qui, dans l’exercice de sa liberté, nuit évidemment à autrui par violence, fraude ou négligence. Même dans l’état social le plus parfait auquel l’humanité soit parvenue jusqu’à ce jour, il est déplorable de voir quelle immense portion des efforts et des talents des hommes sont employés simplement à se neutraliser les uns les autres. Le but spécial du
vérité et l’appliquer. Jamais encore les libertés dues à l’homme n’ont été malfaisantes; jamais l’arbitraire extension des fonctions de l’État n’a été bienfaisante. Comparez l’Angleterre à l’Autriche, les États-Unis aux anciennes colonies espagnoles. Ce n’est pas en asservissant un peuple qu’on le forme à la vie de la liberté. ( Note de G. P.)
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gouvernement est de réduire le plus possible ee déplorable gaspillage de forces en prenant les moyens d’appliquer celles que les hommes emploient aujourd’hui, soit ù se faire du mal les uns aux autres, soit à se défendre de l’injustice, à l’emploi légitime des facultés humaines, qui est de faire servir de plus en plus les forces de la nature au bien physique et moral de l’humanité.
FIN