‹ Voyage dans l'Amérique méridionale (volume 2)Chapitre 110 sur 240 · Viedma, Informe, etc., p. 139 et 145, §§. 494 et · texte numérisé non relu

Viedma, Informe, etc., p. 139 et 145, §§. 494 et

Moxos.

Moxos.

revenir. Ils se rassurèrent ainsi peu à peu et vinrent en foule à Santa- Cruz. Us s’y trouvèrent si bien, qu’en 1667', ayant eu à se plaindre d’une des nations sauvages qui les entouraient , ils demandèrent contre elle l’appui des Gruzenos; lesquels, espérant se faire des esclaves, acceptèrent avec joie cette occasion d’intervenir dans leurs affaires. Us partirent, accompagnés d’un jésuite (Juan de Soto), remplissant les fonctions de chirurgien.

4-yy Troisième Epoque. Depuis l’entrée des jésuites à Moxos jusqu’à leur expulsion

(de 1667 à 1767).

Durant l’expédition, Juan de Soto ne négligeant aucun moyen de se faire aimer des Moxos , leur offrit de revenir avec d’autres frères; ils acceptèrent, et le père ayant donné cette bonne nouvelle au provincial , on désigna avec Juan de Soto, Joseph Bermudo et Julian de Aller, pour se rendre à Moxos. Us y entrèrent en \ 668 , et ils employèrent une année à prendre les premières notions de la langue moxa, sans montrer aux indiens leur intention de les convertir au christianisme. Dès qu’ils en surent les premiers mots, les Moxos, de peur d’avoir à subir l’esclavage, se révoltèrent, et voulurent d’abord tuer les frères; mais, retenus parla crainte des Crúcenos, ils se contentèrent de les reconduire jusqu’à Santa -Cruz, en leur déclarant qu’ils ne' voulaient pas se faire chrétiens.1 2

Le gouverneur de Santa-Cruz ayant remis officiellement, en 1671, la conquête spirituelle de Moxos3 aux jésuites du Pérou, ceux-ci firent successivement deux autres tentatives, qui n’eurent aucun résultat. Loin de se rebuter, le père Joseph del Castillo entra seul à Moxos en 1674, fit de nombreux cadeaux aux Indiens, et leur en promit d’autres, s’il consentaient à venir chercher quelques religieux. U réussit, et l’année suivante il conduisit trois autres frères, Pedro Marban, Cypriano Baracé et Joseph Bermudo, qui furent parfaitement reçus des Moxos4. Ces religieux visitèrent toute la région occupée par la nation des Moxos, en donnant partout aux indigènes ce qu’ils estimaient le plus, des perles de verroterie ( chaquiras ), des grelots, des hameçons, des couteaux, etc., et revinrent ensuite, tous malades de fièvres intermittentes. Deux années de suite ils se consacrèrent à l’étude de

1. Padre Diego de Eguiluz, Relación de la mission apostólica de los Moxos (1696), p. 3.

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