Ibidem, p. 17 3 et suiv
Moxos.
Moxos.
niquer avec Mato-Grosso et Cuyaba, lorsque les deux pays, le Brésil et la Bolivia, oubliant les anciennes rivalités des Portugais et des Espagnols, s’uniront pour établir le commerce intérieur de leurs vastes possessions respectives.
Dans l’état actuel , les produits exportables consistent , comme à Chiquitos, en cuirs des bestiaux et d’animaux sauvages, aujourd’hui sans valeur; en cire, en indigo, en vanille, en sucre, en cacao, en café, en bois d’ebenisterie, en bois de teinture; en huile de cocos, de ricin, de copahu; en résines diverses, de copal, etc. L’argent n’ayant pas encore de cours à Moxos, les premiers négocians européens qui y parviendront, y feront des échangés d’autant plus avantageux , que les commerçans actuels , avec des marchandises d’Europe achetées de la deuxième main, réalisent d’immenses bénéfices. Les marchandises d’importation à Moxos sont du reste les mêmes qu’a Chiquitos. 1
On cite dans le Rio de Madeiras vingt et quelques rapides que les barques à voiles et à rames ne peuvent remonter , mais qu’ elles descendent facilement. En effet, si les hommes des barques pesantes, appelées Gariteas, qui remontent annuellement cette rivière, du Para jusqu’à Mato-Grosso, sont obligés à chacun de ces rapides ( Cachoeiras ) de les décharger, de les traîner péniblement à terre au-dessus et de porter les marchandises, ils descendent sans s’arrêter au retour, les passant tous, comme s’ils n’existaient pas. Quand on songe qu’avant l’application de la vapeur, le Rhône était regarde comme impossible à remonter en bateau, je croirais, d’après les renseignemens que j’ai obtenus sur les rapides , qu’on pourrait facilement les franchir en les remontant avec des bateaux à vapeur de moyenne grandeur , surtout à la saison des crues de Janvier en Mars, ou il y a de trois à cinq metres de hauteur d’eau de plus qu’au temps des sécheresses. D’ailleurs, si l’on voulait naviguer toute l’année, ces rapides offrant seulement de petites differences de niveau, il suffirait d’établir, pour les plus difficiles, un petit canal parallèle à la rivière et d’y placer une écluse. Ainsi la navigation de l’océan Atlantique par l’Amazone, le Pvio de Madeiras, jusqu’à la province de Moxos, s’exécuterait directement avec l’Europe. Les forêts voisines offrant partout des bois en profusion, on conçoit combien ces écluses seraient peu coûteuses et faciles à construire; mais il faudrait que le Brésil prêtât son appui à cette navigation.
Je pense, d’après tous les renseignemens que j’ai obtenus auprès des matelots brésiliens qui venaient du Para par cette voie, que, dans l’etat actuel