‹ Voyage dans l'Amérique méridionale (volume 2)Chapitre 124 sur 240 · Voyez ces points, Voyage, t. II, p. 541 et p · texte numérisé non relu

Voyez ces points, Voyage, t. II, p. 541 et p

les articles de recepturicis, cités aux tableaux précédais1 2, qui, avec un peu plus d’industrie, pourraient être centuplés. Il n’y aurait donc, pour améliorer cette voie , qu’à remplacer les pirogues , faites d’un seul tronc d’arbre creusé , par des barques plus légères et plus élevées au-dessus des eaux, et à faire une jetée à Quatro-ojos ou à Bibosi, afin de traverser en tous temps ces immenses marais, où les marchandises s’avarient si souvent dans l’état actuel des choses, rien n’ayant encore été tenté pour l’amélioration des chemins.

La difficulté des communications d’un côté, et de l’autre le penchant marqué des employés de Moxos, à peu près tous Crúcenos, à neutraliser les efforts inouïs des habitans de Cochabamba, ont rendu presque nul le commerce de Moxos avec cette ville, malgré les grands avantages qu’on en tirerait en portant de suite ses produits au centre de la république. La navigation actuelle est longue , pénible par le Rio Chaparé ”, et les dangers à courir en traversant la Cordillère de Palta Cueva 3 sont sans nombre. C’est dans le but d’applanir ces obstacles que j’ai ouvert, par Tiquipaya et par le Rio Sécuri 4, une route nouvelle, nullement périlleuse, pour laquelle il ne reste plus qu’à tracer un chemin de mules, qui peut du reste se faire sans frais à l’aide d’indiens de Moxos, intéressés à l’ouverture de cette voie, destinée à donner une valeur effective aux productions de l’agriculture et de l’industrie. D’ailleurs cette route servirait encore à civiliser les Indiens Yuracarès, et présenterait des ressources qui manquent aujourd’hui sur les cent lieues à parcourir dans ce trajet. Cochabamba fournissant les produits des pays tempérés, tous ceux de Moxos y manquent. Il y aurait double avantage à faire directement le commerce, sans passer, comme aujourd’hui, par Santa-Cruz, ce qui triple inutilement la distance, puisqu’en passant par cette ville il faut parcourir plus de trois cents lieues. Je crois donc que le gouvernement bolivien, sans détruire le commerce de Santa-Cruz, très - important à conserver, devrait s’occuper aussi de celui de Cochabamba, plus propre, vu le caractère entreprenant de ses habitans, à stimuler les Moxos, et surtout à leur donner une idée plus exacte des relations commerciales en usage partout ailleurs.

Moxos pourra, par la navigation du Rio Iténès ou Guaporé, commu-

Page 1