III. i.re partie. ó
Moxos.
le Rio Iruyani et leurs aiïluens, sur tout le pied de la Cordillère orientale, depuis Santa-Cruz de la Sierra, en suivant le pays des Yuracarès, jusqu’à six degrés au nord-ouest, en profitant des nombreux produits commerciaux des provinces de Yalle Grande, de Mizque et de Cochabamba.
En résumé, par le Rio Réni, le Rio Guaporé et le Rio Mamoré, la province de Moxos peut offrir des milliers de lieues d’une navigation facile pour des bateaux à vapeur de toute portée. Par ses mines de fer, par ses forêts, elle peut donner toutes les matières premières propres à entretenir cette navigation. Elle pourrait donc devenir le centre d’opérations commerciales faites sur une vaste échelle, et destinées à profiter de toutes les richesses, aujourd’hui inutiles, du centre de l’Amérique. Dans un siècle, où il n’y a Pl us de difficultés invincibles au génie des hommes de science et d’industrie; dans un siècle où les sages mesures des gouvernemens et les grandes associations ont tant fait pour le bien général et pour la grandeur des peuples, espérons qu’enfin une nation européenne, en s’unissant à la Rolivia, commencera cette métamorphose propre à faire d’un pays presque désert le foyer d’opérations commerciales et industrielles des plus productives pour la nation civilisatrice qui prendra l’initiative. 1
1 . Connaissant l’immense avantage que le commerce pourrait tirer de la navigation de l’Amazone, M. Vicente Pazos, consul de Bolivia en Angleterre, a présenté, depuis 1840 jusqu’à 1844 , avec un zèle et une persévérance dignes de tous éloges, aux ministres de la marine et des affaires étrangères, différens projets dans le but d’obtenir que, plus à portée que les autres puissances, par ses colonies de la Guyane, de tirer des avantages immédiats de cette navigation intérieure, la France se chargeât de cette belle et vaste entreprise. Les détails statistiques, dans lesquels je suis entré relativement aux provinces de Moxos et de Chiquitos, en démontrent assez les avantages commerciaux , tandis que les renseignemens que j’ai donnés sur la navigation intérieure, témoignent des possibilités d’exécution. Il ne me reste plus qu’à joindre mes vœux à ceux de M. Pazos, pour que ma patrie enrichisse de ce fleuron la glorieuse couronne dont son front s’est paré depuis tant de siècles. (Voyez le petit mémoire imprimé, intitulé : Projet d'un établissement de navigation à vapeur entre la Guyane française et les républiques du Pérou, de l’Équateur et de la Bolivia, présenté au gouvernement de Sa Majesté le Roi des Français par M. Vicente Pazos. Paris, 1844.)