‹ Voyage dans l'Amérique méridionale (volume 2)Chapitre 129 sur 240 · IS · texte numérisé non relu

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§. 1.er Voyage , par le Rio Sara et le Rio Piray, de Moæos à Santa-

Cruz de la Sierra.

Ayant achevé mes observations sur la province de Moxos, il me tardait de retourner à Santa-Cruz, afin de me rapprocher de ma patrie. J’étais atteint de nostalgie, et toutes mes pensées se tournaient constamment vers la France. Néanmoins, d’un projet de départ à la possibilité de son exécution il y a loin dans ces pays, oh l’on est retenu par une foule de circonstances. Le 15 Août, je laissai Trinidad et m’acheminai par terre vers Loreto, distant de douze lieues, au travers de plaines magnifiques, ornées çà et là de nombreux palmiers carondaï. J’y vis plusieurs estancias, et je traversai trois rivières, le Rio de San-Migueî, le Rio Ivari et le Rio de San-Antonio, alors très-bas, mais qu’on ne pouvait passer qu’en pirogues.

Après plusieurs jours d’attente à Loreto, et déjà presque malade d’ennui, j’obtins enfin des pirogues; mais je ne pus quitter le port que le 1.er Septembre. Je remontai le Rio Mamoré pendant trois jours, et j’entrai le quatrième dans le Rio Sara, qui n’est que le Rio Grande, dont le nom change momentanément au confluent du Rio Piray jusqu’à sa jonction avec le Mamoré. Ses eaux rougeâtres contrastent avec la limpidité de ce dernier. Du reste les rives du Rio Sara offrent, avec moins de terrains bas, absolument le même aspect. Ce sont des forêts de différais arbres, mélangés de palmiers motacus. Alors des berges élevées se remarquaient de chaque côté ; mais il était facile de reconnaître sur le tronc des arbres la ligne du niveau des inondations qu’on y distinguait à plus d’un mètre du sol. On pouvait être certain que les eaux s’élèvent alors de quatre à six mètres au-dessus de leur niveau actuel.

i5 Août.

Septemb.

Septemb.

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il. il

Le 5 Septembre, vers la fin du jour, je vis, sur la rive gauche, le con- K. fluent de la petite rivière Maravo , qui naît dans les plaines inondées. Le

5 lendemain matin je passai le confluent du Rio Ibcibo , dont j’avais vu les Sepu-mb. sources ^ tasajos , à Pampa Grande, à Yilca1, dans les montagnes de la province de Yalle Grande. Cette rivière, d’abord formée des Rios Surutu et Yapacani, se nomme Ibabo, lorsqu’elle parcourt la plaine : elle est navigable

7 jusqu’au pied des montagnes. Après une journée entière de navigation sur Septemb. ^ j^0 gara ^ j’arrivai au confluent du Rio Piray. Du temps des jésuites on

remontait le Rio Sara ou Grande jusqu’au hameau de Payla2, à l’est de Santa- Cruz; mais cette route forçant à faire un grand détour, tout en étant trèsdangereuse au temps des crues par suite des débordemens , qui ne permettent plus de trouver le lit de la rivière, on y a renoncé depuis une cinquantaine d'années, pour prendre le Rio Piray. Cette rivière, beaucoup plus étroite que le Rio Grande, est moins sujette aux crues dévastatrices; on la préfère encore, malgré les rapides qu’elle présente à la saison sèche. Lorsque des bateaux à vapeur viendront remplacer les frêles pirogues , il est probable qu’on abandonnera de nouveau le Piray pour prendre le Rio Grande, où la navigation sera plus facile pour de grandes barques.

Lors du dernier voyage que j’avais fait à Cochabamba, dans le but de mettre fin aux abus religieux, le président de la république avait, sur mes observations , ordonné que M. l’évêque de Santa-Cruz de la Sierra ferait une visite dans la province de Moxos. Je m’attendais donc à le rencontrer sur le

8 Piray. En effet , le 8 Septembre , lorsque j’aperçus les premières barques de Septemb. nombreux cortège , des fanfares me l’annoncèrent. Bientôt un banc de

sable fut choisi. Les treize pirogues de l’évêque et les miennes s’y arrêtèrent. Nous sautâmes à terre, run et l’autre, et après Y abraso espagnol le plus cordial, nous nous trouvâmes, M. Cordova et moi, aussi à notre aise que si nous nous étions connus depuis de longues années. Homme aimable et instruit, M. l’évêque de Santa-Cruz me combla de marques de considération, et nous eûmes, sous sa tente, de longues conférences sur la malheureuse province de Moxos et sur les moyens qui me paraissaient les plus propres à réformer les abus de tous genres qui s’y commettent journellement. J’éprouvai un instant de bonheur, en trouvant en lui le protecteur le plus zélé de l’humanité, disposé à tout faire pour améliorer le sort des indigènes. Notre camp anima

Í. Voyez t. II, p. 508.

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