‹ Voyage dans l'Amérique méridionale (volume 2)Chapitre 13 sur 240 · Voyez tome II, p · texte numérisé non relu

Voyez tome II, p

2. Schmidel , édition de Buenos -Ay res, p. 48 — 52. Beaucoup des renseignemens cités sont empruntés au père Fernandez : Relación historial de las Missiones de los Indios que llaman Chiquitos, etc. (Madrid, 1726). Je dois la communication de ce livre rare à la complaisance de M. Ternaux-Compans, qui depuis long-temps a réuni la plus belle et la plus complète bibliothèque américaine qui existe peut-être en Europe.

l’usage généralement répandu chez eux, d’enterrer des armes et des vivres avec les morts. Ils craignaient un être malfaisant, le Séborès, et appelaient la lune leur mère, sans néanmoins lui rendre de culte; mais lorsque la planète s’éclipsait, persuadés que des chiens la mordaient, ils sortaient de leurs cabanes et lançaient des flèches vers elle. Les éclairs étaient les âmes des défunts qui descendaient du séjour des étoiles. Ils tiraient des augures du chant des oiseaux ou de la présence d’un animal, dans certaines circonstances données. Les Iriahos pratiquaient des succions aux malades ; ils attribuaient quelquefois la maladie au tort d’avoir donné à leur chien de la chair de tortue : injure dont l’âme de ce dernier animal se vengeait en compromettant leur santé. Si le mal résistait, l’Iriabo l’attribuait à l’influence maligne d’une vieille femme désignée par lui. Les parens du malade se hâtaient alors d’aller la tuer, ce qui amenait très -fréquemment des divisions entre les familles d’une même tribu et les tribus différentes.

La nation Samucu , composée des tribus Morotocos , Potureros , Guaranocas, etc. 1, vivait au sud et au sud-est de la province , près de la Sierra de San-José et de Santiago, et à l’est de ces lieux. Elle était moins nombreuse que la nation des Chiquitos, et lui ressemblait sous beaucoup de rapports, tout en parlant un langage distinct. Plus fiers, plus indépendans encore que les Chiquitos, ils avaient pour armes la lance, l’arc, le casse-tête à deux tranchans : ils aimaient la danse avec une sorte de frénésie; aussi leurs chants primitifs se sont-ils, jusqu’à présent , conservés dans le pays.

A l’extrémité nord-ouest de la province vivait la nation des Guarayos, reste d’une ancienne migration des Guaranis ou Caraïbes2 3, venue, sans doute, du Paraguay, à une époque très-reculée.

Les autres nations, peu nombreuses, étaient disséminées autour des premières et souvent en guerre avec elles. Les Sarabecas , les Curucanecas habitaient au nord-est de la mission actuelle de Santa- Ana; les Otuk'es , au nord; les Curuminacas , les Covareccis , les T apiis, à l’ouest; les Curav'es, dans les forêts au sud de Santo-Corazon ; les Corabecas , au sud du San-Rafael d’aujourd’hui; les Paiconecas et les Chapacuras, au nord de Concepcion. Les premiers historiens parlent de la nation des Yaray'es, Jaray'es ou X arayes?

1. Voyez Homme américain, p. 253, pour cette nation et pour toutes les autres de la province.

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