‹ Voyage dans l'Amérique méridionale (volume 2)Chapitre 179 sur 240 · Tome II, p · texte numérisé non relu

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-• Viscachani vient de viscacha, animal voisin des marmottes, et de la particule collective ni, ce qui veut dire, en aymara, le repaire des viscachas.

vont au nord-ouest , passent auprès de Viacha 1 et se rendent au lac de 1 833. Ghuçuito; ainsi, quoique très-uni, le point où je me trouvais alors était îe Sj “ faîte de partage des eaux. Comme cette région des plateaux est très-peuplée , mes muletiers préférèrent ne pas s’arrêter à Calamarca, et j’allai une lieue plus loin demander l’hospitalité aux Indiens, qui faillirent me la refuser; néanmoins quelques prières et surtout la vue de l’argent , les décidèrent à me recevoir.

Désirant arriver de bonne heure a la Paz, je pris les devants, je traversai 19 Avril, des terrains ondulés dont les légères dépressions sont partout cultivées, et je gagnai la dernière poste, celle de Ventillci , de laquelle je n’avais plus que six lieues à franchir. Je m’y arrêtai quelques instans pour prendre un léger repas, et je suivis la plaine sèche, couverte de maisons éparses, qui me conduisit a la Paz2, où j’obtins le même appartement que j’occupais en Í850.

Après avoir rempli les formalités d’usage, je repris mes occupations ordinaires.

J’avais a faire un immense travail. Les collections recueillies par moi depuis trois ans avaient été successivement expédiées, sous escorte, d’une préfecture a l’autre et se trouvaient réunies 'à la Paz. Il me fallait les revoir, les emballer de nouveau et mettre tout en ordre pour retourner dans ma patrie.

Cet espoir me donnait le courage de m’occuper sans relâche. Je me trouvais heureux, après un voyage de trois années, après avoir parcouru quelques milliers de lieues, de rejoindre enfin mon point de départ. La Paz ne me demandait pas de nouvelles recherches; je l’avais assez étudiée lors de mon premier séjour3. Il n’en était pas ainsi de l’histoire du pays, qui me présentait encore beaucoup de faits à rassembler. J’aurais désiré me rendre, par exemple, jusqu’au Cuzco, pour voir l’ancienne capitale des Incas et pour en parcourir les monumens; mais alors il m’eût fallu abandonner mes collections, que je voulais accompagner moi-même jusqu’au navire, ces documens de tous genres m’ayant coûté assez de peine à réunir, pour que je ne les exposasse a aucun danger. Cette circonstance me força de renoncer à mon projet. Néanmoins, me trouvant à peu de distance du lac de Titicaca ou de Chucuito, je ne pouvais me dispenser d’y aller étudier les plus anciens

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