‹ Voyage dans l'Amérique méridionale (volume 2)Chapitre 178 sur 240 · Voyez tome II, p · texte numérisé non relu

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Sicasica.

)8 Avril.

Le 1 joui g de bicasica est considerable. Tout annonce qu’il a dû recevoir des habitans riches; en effet on y voit quelques maisons spacieuses à balcons. Sa création est entièrement due aux mines d’or et d’argent, qui l’environnent et qui ont produit des sommes immenses. Bien que beaucoup soient inondées, il en reste encore quelques-unes, qu’on exploite très-avantageusement.

Àpies un instant de repos a Sicasica, je voulus gagner, cinq lieues plus loin, la poste de Chieta. La campagne devient de plus en plus rocailleuse et se couvre de fragmens anguleux de pierre, provenant des montagnes qui s elèvent gi aduellement au nord-est, pour former la Cordillère orientale. A gauche les montagnes s’interrompent momentanément et ne sont plus remplacées que par des mamelons isolés, entre lesquels la vue peut s’étendre au loin vers le Rio Desaguadero. En face j’avais toujours l’ïllimani, qui paraissait devoir guider ma marche. La poste de Chieta se compose de quelques maisons de fermiers pasteurs et agriculteurs et d’une chambre commune pour les voyageurs.

De la poste je continuai à longer le pied de la Cordillère orientale , en suivant des terrains pierreux ou des plaines toujours arides. Quelques petits mamelons de grès se montraient encore à ma gauche et derrière la continuité des chaînes de 1’ Apacheta de la Paz1, que j’avais gravies en me rendant de Tacna à la Paz. J’arrivai au village de Viscachani 2, ainsi nommé du grand nombre de viscachas qui ont creusé leurs terriers dans les berges du ravin voisin. Après avoir remonté ce ravin et tourné une montagne, je me trouvai en face du grand bourg d’Ayo-ayo, agréablement situé sur le bord de la plaine, alors tres-etendue vers le sud. Elle est sans pierres et montre la pelouse verte et raide des plateaux. On voit partout autour de nombreux troupeaux de brebis et de lamas. Des lieux absolument identiques me conduisirent encore jusqu’au bourg de Calamarca, oii je n’étais plus qua douze lieues de la Paz. Place a 1 entree d’un ravin de la Cordillère orientale, ce bourg paraît encore plus grand que celui d’Ayo-ayo. 11 domine la plaine , qui , sur ce point entièrement plat , change de versant. Les eaux se dirigent jusqu alors au sud-est et vont se réunir près d’Ayo-ayo, pour se rendre ensuite au Desaguadero; mais au-delà de Calamarca, les premiers petits ruisseaux

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