‹ Voyage dans l'Amérique méridionale (volume 2)Chapitre 184 sur 240 · Voyez même planche, fig · texte numérisé non relu

Voyez même planche, fig

Tía guanaco.

encore des têtes de condor. La ligne du çiilieu est également formée d’hommes 1 ayant le même costume, le même sceptre, mais avec la tête d’un condor couronné. Au-dessous de toutes ces sculptures règne une bande qu orne une grecque bizarre, où figurent des rubans terminés par des têtes de condor2 3, qui entourent des soleils couronnés portant aussi des têtes de condor dans leurs rayons.

Si l’on cherche à interpréter ces sculptures, on pourrait voir, dans le personnage du milieu, un roi tout-puissant dont les deux sceptres marquent le double pouvoir religieux et politique, autour duquel s’humilient les autres souverains munis d’un seul sceptre, indiquant la limitation de leur autorité. De ces derniers, les uns, couronnés sous la figure humaine, montreraient les nations demi-civilisées soumises, tandis que les autres, encore sauvages, portent la figure du condor, qui les représente sous la forme de l’oiseau le plus noble, celui que son vol élevé permet de s’approcher le plus du soleil. Les rayons qui ceignent la tête du personnage central, les soleils de la frise inférieure, tout montre, du reste, qu’à l’époque oh ces monumens ont été fondés, le culte du soleil existait déjà sur ce point, centre d’une civilisation très -avancée et d’une population nombreuse. S’il en est ainsi, ce qu’il est difficile de ne pas admettre, comme ces monumens sont antérieurs aux Incas, qui les découvrirent lors de leurs conquêtes^ sous Maita-Capac, quatrième Inca, on doit penser que Tiaguanaco est bien certainement le berceau de la civilisation des Incas et du culte du soleil.

La face occidentale du portique4 ne montre plus de sculptures, mais seulement une bande supérieure en saillies, et une autre qui encadre le haut de la porte, présentant au-dessous quelques moulures. De chaque côté de celle-ci est une niche en creux, assez profonde, qui était sans doute fermée; car on y remarque encore une tache d’oxide de cuivre, et l’empreinte des gonds que les Espagnols auront enlevés en brisant la roche. Au-dessus de l’encadrement de la porte se trouvent deux niches accolées ensemble de chaque côté. Ces niches sont également encadrées de moulures en creux. Le tout est artistement taillé; les arêtes sont vives, et tout est d’une régularité parfaite. On a lieu de s’en étonner, en songeant que ces travaux ont été faits sans le secours du fer.

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