‹ Voyage dans l'Amérique méridionale (volume 2)Chapitre 189 sur 240 · Voyez pl. ô , fig · texte numérisé non relu

Voyez pl. ô , fig

En face de ce massif, à l’ouest, et à près de six mètres de distance, s’étend une muraille très-remarquable par le fini de la taille des pierres d’un basalte noirâtre très-dur, qui la composent. Cette muraille f, en face des sièges1, est bâtie de pierres toutes d’égale dimension2, pourvues tout autour b b d’une rainure et dans chacune desquelles on a creusé deux petites niches a a , parfaitement taillées, dont les angles ont été très-bien ménagés. Vis-à-vis des portiques, chaque bloc, également bien taillé3 4, a des niches d’une autre forme a. Tout annonce que la variété de formes des niches était un des grands ornemens des murailles; car partout on rencontre des pierres diversement creusées, dont je dessinai les détails. ^

Si l’on cherche l’usage de ce monument, on pourrait supposer que le massif de pierres taillées était une salle de conseil où les chefs venaient siéger lors des grandes cérémonies, et le nombre impair des sièges du milieu annoncerait tout au moins qu’il y avait un président, un chef unique; ce qu’on pourrait encore dire des sièges latéraux : mais , quel qu’en soit l’usage , on doit se faire une haute idée de la civilisation de ceux qui les construisirent; car, pour arriver à des résultats semblables, il a fallu disposer de milliers de Lias et de moyens de transport qui nous sont inconnus aujourd’hui. En effet, quand on songe à l’immense étendue des monumens, aux énormes dimensions des blocs qui les composent, on se demande naturellement, si maintenant l’on arriverait à remuer des masses semblables, sans mettre en jeu toutes les ressources de la mécanique. Ce sont pourtant des peuples auxquels nous refusons toutes les facultés intellectuelles, qui déjà depuis un bon nombre de siècles ont accompli des travaux dont l’exécution demanderait actuellement l’application de toutes les lumières de notre civilisation la plus avancée.

D’où les Indiens ont-ils extrait ces pierres? comment les ont -ils transportées? et comment sont-ils arrivés, sans le secours du fer, à les tailler avec autant de précision? Telles sont les trois questions qu’on doit se faire en admirant ces monumens.

Pour répondre aux deux premières, je dirai que les monumens se composent de trois roches distinctes: de grès compactes, blanchâtres, de trachyte gris granitoïde, rempli de cristaux de pyroxène, d’une contexture assez

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