partie
1833 serrée, et d’une roche basaltique bleuâtre, très-dure. Les pierres de grès r appartenant aux terrains dévoniens sont plus nombreuses, et cela devait être, na,°- ces roches constituant toutes les collines situées au nord de Tiaguanaco; mais il restait toujours a les apporter d’une lieue de distance au moins. Les pierres de trachyte et de basalte présentent de bien plus grandes difficultés, puisqu’elles ne se montrent actuellement presque nulle part aux environs. Je ne les ai pas rencontrées à plus de dix lieues à la ronde. A moins qu’elles n’aient été tirées des îles du lac de Chucuito, j’ignore complètement d’où elles pourraient provenir. Cette incertitude démontre qu’elles ont été apportées de très-loin. En parcourant la plaine voisine, j’ai remarqué plusieurs blocs restés en route dans 'la direction du lac de Chucuito; ce qui ferait supposer qu’ils en proviennent; mais le lac est éloigné de près de trois lieues des monumens, et sur ses bords s’étendent des prairies circonscrites par les collines de grès de Tiaguanaco et de Jésus de Machaca. Ici les difficultés augmentent, car il faudrait admettre que les blocs ont été transportés par eau. Si les Péruviens avaient eu , dans ces régions , abondance de bois , et des navires d’un certain tonnage, on pourrait encore le croire, tandis que les plateaux ne nourrissant aucun arbre, la navigation ancienne et actuelle ne se faisait et ne se fait qu’avec des bateaux de jonc. En tenant compte de ces circonstances, on reste dans la plus grande incertitude sur la provenance des pierres trachytiques et basaltiques des monumens, et sur les moyens employés pour les transporter. Un voile impénétrable couvre et couvrira sans doute toujours ces questions d’une haute importance pour l’histoire mécanique de peuples qui, de même que les Egyptiens, les Péruviens et les Mexicains, ont voulu signaler leur puissance par les masses qu’ils ont remuées pour la construction de leurs temples.
Quant à la question des moyens employés par les indigènes pour tailler les pierres sans le secours du fer, j’ai pu obtenir quelques données. Les Péruviens connaissaient parfaitement les proportions d’étain à mélanger avec le cuivre pour lui donner plus de dureté1. Us se servaient donc d’instrumens de bronze pour détacher la pierre et la tirer des carrières. Ils se servaient même de ces instrumens seuls , pour terminer avec patience la taille des blocs de grès. Quant aux trachytes, le hasard m’a fait découvrir un de leurs autres procédés. J’avais remarqué sur des pierres non terminées de Tiaguanaco que des couches sont enlevées par lignes, sans laisser de traces d’instru-