‹ Voyage dans l'Amérique méridionale (volume 2)Chapitre 214 sur 240 · Espèce du genre Cinchona · texte numérisé non relu

Espèce du genre Cinchona

1833. de superficie, soit au nord, soit au sud, sont encore vierges de toute exploitation. D’autres plantes médicinales, connues seulement dans le pays, sont le jiiatico' des Espagnols, que les Indiens nomment moco-moco, dont les feuilles astringentes ferment les blessures, arrêtent la gangrène et sont antiscorbutiques; le vejuco antidote célèbre contre la morsure des serpens; Y ebacua-ruro , qui, en tacana, signifie simiente de hijos. Ce sont de petits bulbes que les Tacanas écrasent et font infuser dans du vin , pour les donner, pendant trois mois, aux femmes stériles avant certaine époque. Le tribicirué produit précisément l’effet contraire. Les Indiens de l’intérieur, au lieu des cendres remplies de potasse ( lejia ) que mâchent avec la coca les habitans des plateaux, se servent des feuilles d’une plante nommée chimacro. On emploie aussi en médecine le chepereque.

Les plantes vénéneuses abondent également. On peut citer dans le nombre l’arbre du mammo, qui croît près de Pata. L’espèce noire, prise à haute dose, devient un poison terrible; mais l’espèce blanche n’est plus qu’un purgatif. On se sert du manuno pour pêcher. On l’a emporté dans l’intérieur à cet effet, et en même temps pour détruire les vers (gusanos) qui attaquent les bestiaux après la morsure des chauves-souris.

De tous ces produits de la végétation, on exporte seulement quelques bois d’ébénisterie, lorsqu’ils sont demandés; un peu d’huile de coco, d’amande, de copahu, les résines du storaque, du copal, de l’encens; beaucoup de quinquina et de cacao.

Le règne minéral offre encore beaucoup d’avantages naturels. L’or abonde sur une grande surface. On en trouve beaucoup de mines de lavage ou abentaderos , aux environs de Suches, où les anciens Incas {’exploitaient et où les habitans actuels l’exploitent encore; mais le manque d’eau nuit à ce genre de travail. Il y en a de plus des mines à l’état de filons dans le Rio Mutu-solo, sur les plages du Rio de Pelechuco, au-dessus du bourg. Les montagnes de Sunicbuli, dans la direction de Charasani, au nord de Pelechuco, en renferment les veines les plus riches. Le Rio d’Amantala en offre aussi près de ses sources; on trouve également sur les coteaux du Rio de Santa- Rosa et dans le Rio d’Aten des lavaderos , mines de lavage, mais on ne les exploite sur aucun point. Dans tous les lieux oii se rencontrent les roches

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