Paca lineatus
remontent très-haut, et sont surtout des plus abondans. On y pêche encore 1833. le jiiucie des Quichuas, ou veladores , poisson tacheté de brun et de noir et d’une extrême activité, des bagres1 2, des sollos; des suches et une multitude d’autres, qu’il serait trop long de détailler. Les indigènes aujourd’hui pêchent a coups de flèches, ou avec le jus d’une plante nommée manuno , qui, versé dans l’eau, fait immédiatement mourir le poisson, sans le rendre malsain. On conçoit facilement que ce dernier moyen ne puisse être employé que dans un pays où l’on ne craint pas de détruire en même temps toute la pêche à venir; car dans nos rivières, la police le défendrait immédiatement.
La végétation offre, dans ses variétés infinies, une foule de plantes utiles à l’homme. Les bois de construction y abondent partout, et, dans le nombre, les bois les plus propres à la confection des meubles précieux, tels que le granadilla , le guayavo ou palissandre ; un bois tout à fait identique à notre buis, si utile pour la gravure sur bois, et une foule d’autres espèces qu’il ne s’agit que de choisir. Les nombreux palmiers donnent à la fois leur bois, dur comme du fer, pour la confection des flèches de l’indigène, des fruits succuîens, et des cocos oléagineux, qu’on pourrait utiliser. D’autres arbres, tels que celui qui produit des amandes , offrent aussi leurs fruits. Le copahu abonde dans les forêts, ainsi que les arbres qui fournissent les résines les plus variées, comme le storaque, le copal, l’encens, le sang-dragon, la gr imilla, Yacco-acco , etc.; d’autres arbres produisent en abondance la gomme élastique ou caoutchouc. Quelques-uns, comme le yiisuma ou canelón, fournissent leurs écorces aromatiques; le campèche et le yarimilas , leurs teintures; enfin la grande variété des formes botaniques présente toute espèce d avantages industriels et commerciaux.
Parmi les produits des plantes sauvages, je puis encore citer les cacaotiers, qui, dans les pueblos interiores, forment aujourd’hui des bois immenses, s’étendant tous les ans de plus en plus, et offrant au commerce d’inépuisables ressources. II en est de même de la vanille, naturelle dans les bois.
Les plantes médicinales sont très-multipliées. Je mettrai en première ligne le quinquina, ou cascarilla* , qui abonde dans toutes les montagnes voisines de Pata, de Moxos, de Santa-Cruz de Talle- ameno, d’ Apolo et d’Aten, où l’on ne fait encore qu’exploiter les environs, tandis que des dizaines de lieues