C’est une espèce du genre Janipha
1833- Report 475,000 f
Riz, 100 quintaux, à 40 francs 4,000
Diverses drogues, bois, singes, perroquets, etc. . . , 5,000
Quinquina, 3,000 quintaux, à 40 francs 120,000 1
Total 604,000
Les dépenses de la province sont les suivantes :
Contributions personnelles des indigènes 39,000
Droits de douane 80,000
Appointerons des curés en espèces et argent 70,000
Total. . 189,000
D’après ces sommes, on voit qu’il reste encore à la province 41 5,000 francs, que les habitans emploient à se procurer les marchandises de l’extérieur.
Le commerce d’importation se fait avec les provinces voisines des plateaux du departement de la Paz et avec les Péruviens. Ce commerce, comme je 1 ai dit en parlant des paroisses, est jusqu’à présent un pur commerce d’échange sur des valeurs fictives, bien au-dessus de leur valeur réelle, fait par des marchands voyageurs qui viennent à cet effet. Les matières commerciales d importation sont : la viande fraîche ou salée, le suif, les fromages, le pain, le sel, la farine, l’eau-de-vie; toute espèce de grossiers tissus indigènes de laine et de coton pour les Indiens, et quelque peu d’étoffes européennes pour les employes; les mules, les chevaux et quelques ânes de charge pour les transports.
Le premier mobile du commerce et de la civilisation d’un pays, est la facilité des communications. Sous ce rapport, comme on a pu l’entrevoir par les itinéraires, l’imperfection des chemins est restée long-temps le principal empêchement a sa propagation, et cet état de choses était entretenu par les employes séculiers ou religieux, afin de se conserver le monopole exclusif des échanges. Long-temps, en effet, les gouverneurs avaient entièrement abandonné la réparation des chemins, et les relations commerciales ne pouvaient plus exister qu’en exposant à des risques nombreux les hommes et les animaux. Il fallait que le commerçant étranger fît entrer dans ses chances de pertes, les mules qui s’estropiaient et celles qui périssaient par suite des
1. Lorsque le gouvernement aura établi le Banco de rescate, il est certain que ces produits doubleront, et que la province jouira d’un revenu annuel de 300,000 francs.
mauvais chemins. Les grands espaces de terrains fangeux sur lesquels on avait placé des tronçons en travers, étaient les parties les plus mauvaises, parce que le défaut d’un seul de ces tronçons y laissait s’enfoncer la pauvre mule, qui s y cassait la jambe ou entrait jusqu’au poitrail. Le gouvernement paraît avoir déjà pris à eet égard des mesures qui ont pour but de donner une impulsion au commerce. On a refait quelques routes anciennes, on en a établi une nouvelle de vingt-deux lieues d’ Apolo à Guanay.
Les charges personnelles qui pèsent sur les Indiens de l’intérieur, obligés de faire l’office de bêtes de somme et de transporter les marchandises à dos sur une grande distance, sont sans aucun doute la cause qui retarde le plus le progrès commercial de ces contrées, en paralysant même jusqu’au désir de récolter les fruits que la nature offre de toutes parts, sans qu’on s’en soit occupé.
Ameliorations agricoles , industrielles et commerciales dont la province est susceptible.
Ce chapitre, vu la variété des terrains et des zones d’élévation de la province, pourrait s’étendre à l’infini; mais je ne parlerai ici que des améliorations qui me paraissent les plus spéciales.
Aujourd’hui, malgré les excellens pâturages que la nature présente sur les hauteurs de Pelechuco, aux environs de Pata, de Santa-Cruz de Yalle-ameno, d’Apolo et d’Aten; malgré ceux qu’offrent les plaines des bourgs de l’intérieur, on a vu qu’une des branches du commerce extérieur était encore la viande fraîche ou salée. Nul doute qu’en stimulant sur tous les points l’élève des bestiaux, l’on ne pût, au lieu d’en recevoir du dehors, en exporter, au contraire , a 1 extérieur. Les troupeaux de vaches , de brebis pourraient aussi se multiplier en une foule d’endroits, et donner à la fois leur laine et leur chair. Il en est de même des chevaux et des mules, dont le nombre faciliterait 1 extraction des marchandises et augmenterait considérablement les revenus. Les pauvres Indiens de l’intérieur seraient alors déchargés de leurs corvées, et pourraient sans crainte se livrer activement à la récolte de leurs produits naturels ou meme seulement à l’agriculture. L’immense extension des plaines de 1 intérieur en ferait, comme à Moxos, le centre de l’élève des bestiaux et des chevaux, où des milliers d’animaux prospéreraient tout en donnant au pays un tout autre aspect. Le gouvernement y trouverait pour son armee des ressources que sont loin de posséder les républiques du Chili et du Pérou.
La recherche des animaux pourvus d’une belle fourrure, comme les singes hurleurs ( marimoños ) noirs et rouges, ne serait pas sans avantage, ainsi que la conservation des peaux de tapir, qui donnent, par le tannage, les meilleurs cuirs pour les attelages de voiture, ou bien les peaux de cerfs, dont on fait ces cuirs de daims qu’en Europe on transforme soit en gants recherchés, soit en chaussures des plus souples.
Les oeufs de tortue du Béni donneraient, par la préparation employée sur les bords de l’Orénoque, l’excellente graisse de tortue ( manteca de tortuga ), l’un des élémens de la cuisine des indigènes.
L’abondance extraordinaire des poissons dans le Rio Béni et dans ses affluens, permettrait d’établir sur quelques points une pêcherie en regle, où l’on salerait ou sécherait le poisson de manière à en faire une branche importante du commerce extérieur. 11 est probable qu’ainsi conservé l’on y attacherait du prix dans les villes des plateaux, telles que la Paz et Or uro.
La végétation surtout procurerait des améliorations considérables. Dès que l’industrie des villes s’emparera des produits naturels de l’intérieur, on verra les magnifiques bois d’ébénisterie , dont fourmillent les montagnes et les plaines, s’exploiter avec soin et de nombreux débouches s’ouvrir au commerce. Le buis, aujourd’hui rare en Europe, toujours tres-cher et dont les grandes plaques manquent à notre industrie, serait avantageusement remplacé par les bois jaunes aussi compactes, aussi tenaces qui abondent dans ces contrées, où l’on peut en obtenir des tables de toutes les dimensions.
Les palmiers non -seulement offriraient aussi leurs cocos au commerce, leur bois à Fébénisterie, mais encore leurs huiles à l’industrie. 11 en est de même des grosses almendras de Cavinas.
On pourrait rechercher avec plus de soin les résines, surtout le copal, l’élément des plus beaux vernis de notre Europe.
La gomme élastique, employée dans l’ancien monde pour les corsets, les bretelles, les jarretières, devient de jour en jour la branche la plus productive du commerce et de l’industrie des habitans du Para, qui vont tout abandonner pour en faire la culture en grand. Ne pourrait-elle pas offrir ici les mêmes avantages?
Le quinquina qui, pendant quelques années, a produit des millions, est loin d’être épuisé. On ne l’a jusqu’à présent recherché qu’aux environs des lieux habités; il s’agit de le poursuivre partout où il se rencontre. D’après ce que j’ai appris, isolés au milieu des forêts, les Indiens
qui se livrent à ce genre ¿’exploitation, se dispersent dans les montagnes, 1833. coupent les arbustes sans précaution et sans choisir la saison. Dépourvus d’abris pour se préserver des pluies fréquentes, il leur arrive très-souvent de perdre entièrement leur récolte, ou de la voir au moins considérablement avariée. Comme cette récolte peut devenir Tune des branches les plus certaines du revenu du gouvernement, l’administration devrait veiller à ce que les coupes fussent réglées, afin de ne pas détruire, comme on Fa fait jusqu’à présent, tous les arbres à la fois sur les points oii ils croissaient naturellement.
La nécessité de conserver nos bois de construction , de charpente et même de chauffage, a depuis long-temps obligé la France à créer une administration des forêts , afin de faire cesser les abus de tous genres , et de se conserver des ressources pour l’avenir. Il est temps que la Bolivia, dont le gouvernement possède encore plus de la moitié des terrains , songe aussi à établir une surveillance active, dans le but de peupler d’arbres européens, tels que sapins, bouleaux, etc., les montagnes qui avoisinent les grandes villes (La Paz, Chuquisaca et Potosi), afin de les pourvoir de bois à brûler et de bois de charpente; d’empêcher, sous les peines les plus sévères, le déboisement des montagnes par le feu, ce qui augmente de jour en jour la sécheresse, en n’arrêtant plus les nuages, détruit l’arrosement naturel des champs et les rend incultes, ou bien laisse les pluies torrentielles entraîner la terre végétale, remplacée bientôt sur les sommités par des rochers nus, aux lieux où naguères se trouvaient les plus beaux arbres; de défendre aux indigènes d’arracher, au lieu de les couper, les buissons qui servent au chauffage et à faire du charbon, pour que les branches repoussent, et que les récoltes, en se succédant, préviennent la complète destruction des plantes ligneuses, qui menace beaucoup de points 1 ; de régulariser, de fixer la saison des coupes, et de surveiller l’exploitation en grand du quinquina, dans le but d’en conserver pour l’avenir, et d’utiliser entièrement le produit des récoltes annuelles.
La seconde branche importante du commerce de la province, susceptible également d’une immense extension, est, sans contredit, le cacao. On a vu que, près des bourgs de l’intérieur, de San-Jose, de Tumupaza, d’Isiamas et de Gavinas, les forêts sont peuplées de cacaotiers, qui donnent annuellement des récoltes abondantes, mais que les Indiens aiment mieux perdre que de les recueillir, pour ne pas être obligés de les transporter à dos d’hommes1.