‹ Voyage dans l'Amérique méridionale (volume 2)Chapitre 38 sur 240 · III. i.re partie. Q · texte numérisé non relu

III. i.re partie. Q

1832. à l’élève des bestiaux par les saignées quelles leur font la nuit. Les hommes,

77“ surtout à San-Xavier et à Concepcion, ne sont point à l’abri de leurs mor-

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tos- sures \ Les jaguars étaient très-communs dans la province et exerçaient de grands dégâts sur les fermes; ils le sont aujourd’hui beaucoup moins, par suite des sages mesures prises par le gouverneur actuel1 2. Les renards, les didelphes , les gloutons, les chats-tigres et les cougouars y sont peu nombreux, s’approchent rarement des habitations et ne font aucun mal aux fermes. Quelques rats et quelques souris, parasites indispensables de toute agglomération de population, se sont établis dans les missions, mais ils ne s’y montrent pas aussi importuns qu’en Europe. Des lapins tapitis, des agoutis, des pacas, des coboyes ou cochons dinde sauvages, fournissent au chasseur une chair excellente. Les divers tatous s’y rencontrent fréquemment et donnent un mets recherché. Les pécaris ou sangliers de ces contrées s’éloignent de plus en plus des lieux habités , continuellement poursuivis par les chasseurs indigènes qu’animent contre eux le double motif de préserver leurs champs de leur atteinte et de s’approprier leur chair, qu’ils trouvent exquise. Les tapirs abondent dans tous les lieux humides et sont d’une grande ressource, soit comme nourriture, soit par leur cuir, que font remarquer son épaisseur, sa force et sa souplesse.3

Les chevaux de Chiquitos , qu’on ne prend aucun soin de choisir pour en perfectionner les races, ressemblent aux chevaux arabes. Ils sont en général assez beaux, et ont sur les chevaux de Santa-Cruz de la Sierra et de Moxos une incontestable supériorité, qui les fait rechercher dans les montagnes de la Bolivia. Élevés au sein de plaines sablonneuses ou marécageuses, les chevaux de Santa-Cruz et de Moxos ont les pieds très -délicats, les sabots si tendres , qu’ils ne sauraient être d’aucun usage dans les ¡parties pierreuses des régions mon tueuses, tandis que ceux qui sont nés a Chiquitos, sur un sol rocailleux, prennent une corne très-dure et servent dans tous les pays. On laisse les troupeaux vaguer dans la campagne : ils y deviennent ce qu’ds veulent; seulement on enlace les jeunes chevaux qu’on veut monter, en devançant l’âge ordinaire pour les dompter. Il n’y a pas dans la province une seule écurie, et les chevaux de selle se nourrissent de ce que leur présentent les plaines, au sein desquelles on les lâche en arrivant aux missions.

Les bêtes à cornes ne reçoivent pas plus de soins que les chevaux ; elles

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