III. i.re partie
Cordil-
lère
orientale.
Juillet.
fermiers cultivent avec le plus grand succès les uns le maïs, les autres la canne à sucre; ou surveillent de belles plantations d’orangers couverts à la fois de 1ère fruits et de fleurs. Ils cultivent encore les racines de l’ajipa et de la gualuza, excellentes à manger crues. Cette vallée, étroite et profonde, est bordée de chaque côté de montagnes des plus escarpées. Sur le versant opposé à celui sur lequel j’étais descendu, je voyais, en couches presque perpendiculaires, des schistes phylladiens presque partout à nu, remplis de végétation seulement dans les inégalités. Comme un seul propriétaire venait en ces lieux, on n’a jamais songé à s’y frayer un chemin, aussi le sentier par lequel je tais descendu devait-il tout à la nature, sans que l’art en eut enlevé les difficultés. Il serait néanmoins facile, en serpentant, d’y tracer, sans beaucoup de frais, une route bien plus belle que celle de la Cumbre1. Alors cette jolie vallée, véritable oasis perdue au milieu des escarpemens des montagnes déchirées, pourrait produire au centuple. Elle n’est aujourd’hui cultivée que sur quelques points, le reste étant couvert encore de la plus belle végétation des régions tropicales. J’y recueillis plusieurs espèces de coquilles terrestres des plus curieuses, queje dus, pendant la suite de ce voyage, transporter dans le fond de mon chapeau.2
8 Juillet. Le 8 , après beaucoup de contrariétés provenant de la mauvaise volonté de mes Indiens, dont plusieurs, une fois payés, avaient déserté, je fus obligé de les remplacer à Tutuhma, a 1 instant meme de paitn. Enfin je quittai le dernier point habite pour m enfoncer dans le desert , et pour fouiei le premier une terre vierge. J avais vingt Indiens de charge, ce qui, avec les personnes dont j’ai parlé plus haut et leurs domestiques, formait un total de vingt-neuf personnes. Trouvant que la vallée de Tutulima dirigée au nordnord-ouest de la boussole, corrigée par la variation a lest , me donnait une bonne route, je la suivis; d’ailleurs il meut ete impossible den giavir les coteaux escarpés. Charge de ma grande boussole a alidade, d un fusil a deux coups, d’un couteau de chasse et d’une petite hache, pour ouvrir le fourré, je dirigeai la marche, non sans être arrêté à chaque pas; suivant quelquefois le lit du torrent, passant et repassant les rivières, selon les obstacles, me frayant un chemin, la hache a la main, au travers des bois ou des hallieis de ses coteaux, déchiré par les épines ou bien ayant à franchir des rochers de quelques mètres de hauteur, roulés par le torrent et amoncelés sur ses bords. Les fatigues inouïes du jour nous rendirent la nuit bien douce. Le creux dun