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Collections géologiques du Muséum

12. Narrative, elc., p. 253. Les fossiles y paraissent très-caractéristiques.

III, Géologie. 29

( 226 ) Géologie. de mètres, ne contiennent aucun corps organisé. Au-dessus sont des phyllades 7 grésiformes très-micacés, dont la puissance est au plus de cinquante mètres. J'ai recueilli, dans ces couches, les fossiles suivans, qui y sont très-rares :

Cruziana rugosa, d'Orb., Paléontologie, pl. 1, fig. 1. Cruziana furcifer, d'Orb., idem, pl. I, fig. 2, 3. Lingula marginata, d'Orb., idem, pl. I, fig. 5. Lingula Miünsterü, d'Orb., idem, pl. Il, fig. 6. Lingula dubia, d'Orb., idem, pl. I, fig. 7.

Orthys Humboldtä, d'Orb., idem, pl. I, fig. 16—20. Calymene Verneuil, d'Orb., idem, pl. 1, fig. 4, 5. Calymene macrophtalma, Brong., idem, pl. 1, fig. 6, 7. Asaphus boliviensis, d'Orb., idem, pl. I, fig. 8, 9. Graptolithus dentatus, d'Orb., idem, pl. 11, fig. 1.

Comparés aux corps organisés qu'on est habitué à trouver dans ce terrain en Europe, ceux de Bolivia, dans leur ensemble, ont tout à fait le même aspect et le même facies. C’est une physionomie zoologique identique transportée à quelques milliers de lieues, et offrant aussi, minéralogiquement, beaucoup de rapports avec les mêmes terrains en Europe.

Dans la province de Chiquitos, les terrains siluriens sont peu différens ; ils sont également formés, aux parties inférieures, de phyllade schistoide bleu, supportant des phyllades rosés à grains fins, sur lesquels reposent &es phyllades jaunâtres. Je n’ai jamais pu apercevoir aucune trace de corps organisés dans ces couches, dont la première a au moins 200 mètres de puissance, tandis que les autres sont réduites à 15 et à 20 mètres.

Sous le rapport de leur composition, les roches des terrains siluriens offriraient une uniformité très-remarquable, ce qui annoncerait peut-être un seul et même bassin, compris entre les limites actuelles du Brésil et de la Cordillère.

Dans la province de Chiquitos, les terrains siluriens reposent sur les gneiss. Sur la Cordillère orientale, ils ont été dérangés par les roches granitiques; à la partie sud-est du plateau bolivien, ils Pont été par les roches trachytiques.

Partout où Je les ai vus, les terrains siluriens sont recouverts d’une masse énorme de gres dur ou quartzite, que, d’après sa position et ses fossiles, Je crois devoir représenter le terrain dévonien.

Si, au milieu de cette multitude de dislocations partielles qu'ont éprouvées les terrains siluriens, je cherche les soulèvemens qui appartiennent à ce terrain, avant qu'il fût recouvert, je n’en pourrai définir aucun d’une manière certame. On remarque bien des chainons ou des vallées suivant une direction

uniforme nord et sud, comme la côte de PHospital, celles de Maïca Monte &cologic. de la Cumbre; comme les vallées de Tipoani, du Rio de la Paz, du Rio Iterama, du Rio de Suri, de Machacamarca, de Corasi, etc.; mais il serait difficile d’en déduire avec certitude un ancien système. Le seul point où immense relief de ces terrains (plus de 5000 mètres de hauteur absolue) pourrait provenir d’un croisement, est le contre-fort de Cochabamba, qui,

dans la direction de Pest à l’ouest, domine au nord les plateaux inférieurs

de Cochabamba. Néanmoins, je n'ose le donner comme positif. [l en résulterait que toutes les grandes lignes de dislocation du système bolivien et du système chiquitéen sont venues, comme je lexpliquerai plus tard, après les dépôts des terrains qui les recouvrent.

M. Pisis pense que, dans la province de Minas Geraes, le système itaculumien ‘, dirigé de lest à l’ouest, est postérieur aux terrains siluriens et qu'il a suivi immédiatement ce dépôt. Si lon peut en dire autant des terrains siluriens des Malouines, les premières îles de gneiss du système brésilien se seraient augmentées vers l’ouest, tandis que peut-être de nouveaux points auraient surgi du sein des eaux à larchipel des Malouines.

Les terrains siluriens ont encore un genre d'intérêt très-positif, en ce qu'ils renferment les mines d’or les plus riches de la république de Bolivia, et quelques mines d’argent. Partout où lon a rencontré de Por en place, il s’est trouvé au sein des phyllades schistoïdes dans les filons de quartz laiteux qui traversent les parties inférieures. C’est ainsi qu'on l’a exploité sur les pentes de Pllimani, à Oruro *, à Potosi, etc. Si l’on considère que les exploitations de lavage d'or sont toutes dans les vallées où les phyllades ont été trèsdisloqués et dénudés, comme on le voit au Rio de la Paz, à Tipoani, au Rio de Suri, au Rio de Choque-camata, etc., il faudra naturellement en conclure que cet or provient encore des phyllades, et cela avec d'autant plus de raison, qu'on rencontre quelquefois le métal dans le quartz laiteux des filons anciens. Beaucoup des mines d'argent et de plomb dépendent encore des terrains siluriens.

T'ERRAINS DÉVONIENS. ”

Je considère comme tels une immense étendue de terrains composée de grès gris blanchâtres, compactes, passant au grès phylladifere ou ferrifere

1. Comptes rendus de l'Académie des sciences, t. XIV, p. 1046. 2. Voyez p. 121, 130, etc.

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