Voyez chap. VI, p. 66 et suiv
faits nouveaux que m'ont fournis l'étude des côtes du grand Océan et les Géologie. observations géologiques faites sur le sol bolivien, tout en cherchant à tirer
de nouvelles conclusions de ce grand ensemble de matériaux. Ainsi que je lai dit, les terrains tertiaires d'Amérique se composent des tertiaires guaraniens, des tertiaires patagoniens et des tertiaires pampéens.
T'errain tertiaire guaranten.
Les tertiaires guaraniens se trouvent non-seulement sur les points déjà signalés au sein du grand bassin des Pampas, mais encore dans les provinces de Chiquitos et de Moxos. Ils y forment, du 46. au 17.° degré, des lambeaux sur les petits bassins des roches gneissiques de Chiquitos, près de Concepcion”?, de San-Ignacio, de Santa-Ana et de San-Miguel°, où ils présentent des lits horizontaux. La province de Moxos les a montrés, du 12." au 13. degré, sous les terrains pampéens, près de San-Ramon, de San-Joaquin et au fort de Beira { Les points où ils apparaissent à Moxos, semblent former une nappe horizontale; on pourrait croire qu'ils y ont nivelé les inégalités avant le dépôt des terrains pampéens.
Relativement à leur composition, je n’ai plus trouvé au nord cette succession de couches de la province de Corrientes. À Chiquitos le tertiaire patagonien west représenté que par des conglomérats ferrugineux en un lit horizontal; à Moxos, ce sont encore des conglomérats ferrugmeux ou des argiles remplies de rognons de fer hydraté. Il en résulterait que les terrains guaraniens seraient, pour les parties septentrionales, réduits aux couches les plus inférieures de celles que j'ai observées à Corrientes.
Je n’ai encore émis aucune opinion relativement au tertiaire guaranien ; néanmoins, sil nest permis de chercher comment il a pu se déposer, j'en trouverai peut-être l'explication, en le comparant avec les terrains pampéens. J'ai dit que je le considérais comme un dépôt de transition d'époque. En effet, son manque de fossiles, sa nature toujours ferrugineuse, peu stratifiée, me porteraient à croire qu'il est le produit immédiat du premier relief de la Cordillère, après les terrains crétacés. Il serait alors le résultat de la masse d’eau
. Voyez p. 68.
. Voyez p. 185.
Voyez p. 187.
Voyez p. 203.
. Voyez p. 77.
gr te
( 246 ) Géologie. déplacée qui aurait balayé les continens, en entrainant, au fond des bassins, 7 toutes les particules terreuses unies par le lavage aux parties enlevées aux roches. Cette explication paraît d'autant plus admissible, que les conglomérats ferrugineux , de même que le terrain pampéen dont la formation serait identique, se trouvent à des niveaux très-différens, toujours en un lit horizontal. Îl y à une immense différence de la hauteur absolue des conglomérats qui nivellent les gneiss des collines de Chiquitos, à celles des conglomérats de la province de Minas Geraes, au Brésil, et des plaines inondées de la province de Moxos; et lon ne peut réellement s’en rendre compte qu’en admettant un dépôt de transition analogue à celui du terrain pampéen, produit par le premier relief des Cordillères, postérieur aux formations crétacées.
Le tertiaire guaranien ne serait point, à mon avis, un dépôt marin, formé tranquillement au fond des mers, mais bien une alluvion subite de la fin des terrains crétacés, qui aurait nivelé les inégalités du sol dues aux reliefs antérieurs. Quant au manque de corps organisés, il s'explique encore facilement, Le tertiaire guaranien ne peut contenir des fossiles marins de l’époque tertiaire, puisque les mers de cette époque n’existaient pas encore ; il n'aurait pu renfermer que des ossemens de mammiferes, si ceux-ci eussent existé durant la période crétacée, ce qui est loin d’être prouvé.
Il y à donc encore parfaite concordance des faits observés avec mon hypothèse, dont la conséquence serait que ce terrain guaranien a pu se déposer en même temps dans la mer et dans les petits bassins propres aux continens : c’est même de cette manière que Je crois pouvoir expliquer la différence de nature et surtout celle de niveau, qui existe entre les conglomérats de Chiquitos , de Moxos et ceux de Corrientes. Les premiers se seraient déposés dans les petits bassins terrestres d’un continent hors des eaux, tandis que les derniers appartiendraient aux anciens rivages des mers tertiaires. Quoi qu’il en soit, si le bassin tertiaire des Pampas, en y comprenant le terrain guaranien, s'étend jusqu’à Moxos, et unit, dès lors, la grande vallée de la Plata à celle de PAmazone, il est certain que les mers tertiaires étaient loin d’avoir une aussi vaste extension, puisque les premiers corps organisés marins se sont montrés à moi dans la province d'Entre-Rios, au sud du 29.° degré. Je croirais au contraire qu’elles étaient circonscrites à l’est des Cordillères vers ce parallèle, et que tout le reste, propre au terrain guaranien, formait, pendant le dépôt du tertiaire marin, une surface déjà hors des eaux et faisant partie du continent américain.
Terrain tertiaire patagonien.
En dehors de la circonscription du grand bassin marin des Pampas, qui s'étend du détroit de Magellan à la province d'Entre-Rios, et dont jai donné une description étendue’, le terrain patagonien se montre sur un grand nombre de points du littoral du grand Océan, parallèlement à la Cordillère. Je lai signalé à Payta (Pérou )*, à la Mocha”, à Chiloe, sur l’île de Quiriquina, près de Talcahuano* et aux environs de Coquimbo (Chili)”, c’est-àdire du 10." au 40. degré de latitude sud. Les terrains patagoniens se seraient donc simultanément déposés en des mers distinctes des deux côtés du premier relief du système chilien.
À lest des Cordillères le tertiaire patagonien se compose’, au nord, de grès rougeâtres, formés de grains quartzeux très-fins, alternant avec des argiles gypseuses et recouverts de grès quartzeux blanchâtres; au sud, de grès verdâtres, d’argiles avec gypse, puis de grès azurés, formés de détritus de vieux porphyres. À l’ouest des Cordillères il se compose, à Quiriquina, de grès durs, verdâtres, micacés, et de grès jaunâtres; à Coquimbo, de grès grossier trèsdur, de couleur grise, composé de gros grains de quartz, agglutinés par un ciment calcaire; à Payta, de grès quartzeux jaunâtres. Quoique de chaque côté le tertiaire patagonien soit généralement formé de grès, on peut remarquer qu’il contient, à l’ouest, du mica, tandis qu’à lest on ne trouve pas de vestige de cette substance, ce qui annoncerait des provenances distinctes d’élémens ; il renferme, sur les deux versans, de nombreux fossiles d'espèces perdues. Le tableau suivant les fera connaître comparativement.
. Voyez p. 70.
Voyez partie Paléontologique.
. Voyez p. 90.
. Voyez p. 89.
. Voyez p.91.
. Voyez p. 71.
DRE ND m
Géologie.
Géologie.