Voyez p
Géologie.
Géobgie. I] se compose partout des mêmes limons; il ne renferme que des restes de
mammiferes ; il n’a donc pu être que le produit d’une cause terrestre générale. À propos des Pampas, j'ai ailleurs’ cherché cette cause, et J'ai cru la trouver dans un des soulèvemens de la Cordillère, qui, par un déplacement de matière, a dû amener, au même instant, un mouvement subit des eaux de la mer, lesquelles, mues et balancées avec force, ont envahi les continens et anéanti les grands animaux terrestres, en les entraînant tumultueusement soit dans les parties les plus profondes des continens, soit au sein des mers.
En développant ces idées, J'ai fait remarquer l'identité des mammifères des cavernes du Brésil avec ceux des Pampas, ce qui annoncerait une seule faune, et dès-lors une seule époque de destruction; Pimmensité et luniformité de composition du dépôt des Pampas *; la présence des animaux entiers au pourtour du bassin, ce qui ferait supposer qu'ils flottaient. J'ai trouvé des traces de ce grand mouvement dans les dénudations de l’est à l’ouest des tertiaires patagoniens; dans le transport des cailloux porphyritiques de la Cordillère à la surface de ceux-ci ; dans les particules salées des terrains pampéens, qu'avaient formées les eaux de la mer‘; et, enfin, dans la comparaison de la faune perdue avec la faune actuelle. En effet, les grands édentés et les pachydermes habitent aujourd’hui seulement les régions chaudes des continens, entre les tropiques, au sein d'une riche végétation, tandis que, vers les régions tempérées, il n’y a plus que de petites espèces. On devra donc en conclure que les animaux d'espèces perdues, beaucoup plus grands encore que les plus volumineux de notre époque, vivaient sous une température élevée et au milieu d’une végétation vigoureuse, bien différente de celle des Pampas : ainsi les rapports zoologiques donneraient la certitude que les animaux des Pampas, loin d’être dans leur propre région‘, vivaient sous une zone chaude; qu'ils habitaient des régions couvertes de grands végétaux, et que, s'ils se trouvent fossiles au sud des Pampas, c’est qu’ils y ont été transportés ou que la température et la végétation de ces lieux ont été très-modifiées.
À ces différens argumens viennent s’en joindre plusieurs autres, que fournit l'ensemble de mes nouvelles observations. Jai fait remarquer que le terrain pampéen se trouve dans les Pampas et jusqu’au sommet des Cordillères, . Voyez p. 81.
. Voyez p. 82 et 83.
. Voyez p. 83 et 84.
. Voyez p. 84.
CSI
dans les vastes dépressions du plateau bolivien et du plateau de Cocha- Gégie. bamba, jusqu’à la hauteur de 4000 mètres au-dessus du niveau de la mer. Si, comme la cru M. Darwin, le dépôt des Pampas n’était que le produit des affluens fluviatiles dans un estuaire, comment s'expliquer la présence de ce même dépôt dans les plaines et sur les plateaux les plus élevés du monde? Je crois qu'il faut entièrement renoncer à cette explication, puisque des dépôts identiques avec leurs ossemens se trouvent à toutes les hauteurs. Ils ne seraient point dus à des causes partielles, mais bien à des causes générales purement terrestres, et l’on ne peut s’en rendre compte d’une manière satisfaisante, qu’en admettant comme résultats de tous les faits géologiques observés sur le sol américam, la coïncidence d’effets d’un des reliefs de la Cordillère, avec la destruction complète des grandes races d'animaux qui le peuplaient avant l’époque actuelle et la formation du dépôt pampéen à ossemens, qui paraît recouvrir presque toute l'Amérique méridionale.
En rapportant le dépôt du terrain pampéen à l’un des reliefs de la Cordillère, je n’ai point encore spécifié l’époque et la nature de ce relief. Maintenant que j'ai décrit la chaîne des Cordillères et les différentes roches d’origine ignée qui ont surgi, lors des grandes dislocations, il me sera plus facile d'arriver à cette solution.
En parlant des roches trachytiques, j'ai cherché à démontrer que le grand relief du système chilien paraît avoir eu lieu à Pépoque où ces roches se sont fait jour à travers les larges fentes de la Cordillère, puisqu'on les retrouve, dans une direction nord 5° est et sud 5° ouest, sur une longueur de trente-six degrés". La comparaison des faits rend aussi très-probable la coïncidence d'époque entre cette grande ligne de dislocation (due, sans doute, à des affaissemens considérables, à l’ouest, au sein du grand Océan) et le grand mouvement imprimé aux eaux qui auraient anéanti la faune terrestre et déterminé le dépôt du terrain pampéen. Je pourrais, du reste, pour le démontrer, m’appuyer sur les faits suivans :
1.” Le terrain pampéen est le dernier dépôt de grande importance qui ait précédé l’époque actuelle; il paraît certain qu'il est le produit d’un des soulévemens des Cordillères. Or, le dernier mouvement considérable qu'on observe dans la chaîne des Cordillères, est, sans aucun doute, le mouvement produit par les roches trachytiques. Il y aurait ici rapports évidens.
2. Le grand relief du système chilien dans les Cordillères paraît avoir