LAMELLIBRANCHES. LAMELLIBRANCHES
Venus rufa, Lamarck.
ct arte V. Dombeyi, Lamarck.
Nucula lanceolata, Sow.
N. puelcha , d'Orb. .
Lucina palagonica, d'Orb.
Lutraria plicatula, Lamarck .
Cyprina palagonica, d'Orb. .
Ces coquilles ont, comme on peut en juger, toutes leurs analogues vivantes dans les mers voisines, et conservent dans leur ensemble, de chaque côté des Andes, autant de différences qu'en présentent aujourd’hui les deux faunes de ces deux mers. *
J'ai dit ailleurs que ces coquilles sont toutes dans la position où elles ont vécu, les acéphales avec leurs deux valves réunies et placées verticalement. Ce fait doit faire admettre un mouvement fortuit et non pas une action lente de relèvement des côtes, ainsi que Pont cru quelques auteurs”, L'étude
{. Voyez mes généralités sur les Mollusques de mon Voyage. 2. M. Darwin.
du littoral actuel prouve que, lorsque la mer abandonne graduellement un Gésie rivage, elle laisse, partout, sur la partie découverte, des coquilles en contact incessant avec les lames, et dès-lors plus ou moins roulées, aucune wétant
dans sa position naturelle. Rien de semblable ne se montrant dans les dépôts
que j'ai visités, il me paraît évident que ces coquilles ont été tout à coup et instantanément exhaussées du fond de la mer au niveau qu’elles occupent aujourd’hui. On devrait naturellement en conclure qu'il s’est opéré, sur le
sol de PAmérique, un brusque mouvement dont les traces se trouvent, d’un
côté dans les alluvions terrestres, de l’autre dans Pexhaussement des couches marines du littoral des deux océans.
Il y aurait eu, depuis l'existence de la faune actuelle, des causes générales fortuites, qui, en même temps qu'elles élevaient au-dessus des mers une lisière du littoral de l'océan Atlantique et du grand Océan, renfermant des corps organisés identiques à ceux qui vivent aujourd’hui, auraient dénudé, raviné les plateaux, les montagnes, et amené dans les Pampas et dans les plaines de Moxos, ces puissantes alluvions terrestres qui s'y font remarquer.
Si je cherche encore l'explication de ce fait dans les changemens qui ont pu sopérer au sein des Cordillères, postérieurement aux éruptions des roches trachytiques dont j'ai cherché à expliquer Pâge relatif, je ne trouverai que la période des volcans actuellement en activité. Il faudrait peut-être alors supposer que de grands affaissemens ayant eu lieu de nouveau à Pouest, dans le grand Océan, il s’est ouvert, sur la ligne de la dernière dislocation des Cordillères, à travers les conglomérats trachytiques, une série de volcans dont quelques-uns fument encore; que ce déplacement de matières a déterminé un balancement des eaux qui ont raviné, dénudé les terres à toutes les hauteurs, jusqu’au sommet des Cordillières, et entraîné ces vastes alluvions dans les plaines, en même temps que, des deux côtés de PAmérique méridionale, un exhaussement général de la côte aurait placé, au-dessus du niveau actuel des mers, les bancs de conchillas des Pampas, les coquilles de Montevideo, de la Patagonie et toutes celles du littoral du grand Océan, en donnant au continent la configuration que nous lui connaissons.
Ce dernier mouvement s'étant opéré depuis notre époque, et pouvant coincider avec les traditions du déluge, dont on trouve partout des traces dans lhistoire des peuples, jai dû nommer terrains diluviens, ceux qui en sont le produit.
Peut-être faut-il attribuer à ce mouvement les derniers dépôts des cavernes du Brésil, qui, quelquefois bien séparés, peuvent aussi se confondre, par
( 262 ) Géologie. Pobservation, avec ceux de l’époque pampéenne et amener ainsi de la confusion et des mélanges non existans dans ces deux époques.
Il se peut que le lac de Titicaca appartienne à la même époque. Sans un affaissement postérieur au terrain pampéen, il serait difficile de s'expliquer pourquoi ce terrain, qui nivelait tout le plateau, a respecté, à sa partie méridionale, une aussi grande surface, sans la remplir également de son dépôt. La profondeur considérable que j'ai trouvée au lac, les quelques ossemens qu'on a recueillis sur son rivage’, les dislocations plus nombreuses et plus fortes des îles, viendraient témoigner qu’en effet ce lac s’est formé après le nivellement du plateau par le terrain pampéen.
En résumé, après la naissance de la faune actuelle, après l’arrivée de l’homme sur la terre, il s’est fait un dernier changement sur le sol de P'Amérique. Les volcans ont paru; de petites parties de terrain sont encore sorties du sein des mers, et il s’est déposé des couches puissantes d’alluvion à la surface des continens. C’est probablement le souvenir de cet événement, dont on trouve des traces dans la mythologie de beaucoup de peuples américains. En effet, les Péruviens conservaient le souvenir d’un déluge ?; il en était de même des habitans de Xauxa*, de la Terre-Ferme‘, de Castilla del Oro * et du Mexique‘, à Cuba”. Il y aurait donc eu, en Amérique, un déluge à l'instant de la sortie des volcans; déluge qui aurait produit de grandes dénudations et des dépôts d’une assez grande puissance : c’est le dernier grand
9 Lé F changement qu'a éprouvé le sol du nouveau monde.
Divers faits postérieurs aux dernières révolutions géologiques de l'Amérique méridionale.
J'ai signalé à Cobija*, à ÂArica et sur toute la côte de l'Océan pacifique, d'anciens lits de torrens qui, postérieurement aux derniers mouvemens de
1. Recueillis par M. Pentland, Comptes rendus de l Académie des sciences, 1839, n°7, p. 256. 2. Garcilaso de la Vega, Coment. reales de los Incas, lib. I, cap. 18, p. 21; Garcia, Origen de los Indios, p. 310; Solorzano, Politica indiana, cap. 5, f. 18; Acosta, Historia de Indias, Uib. 1, cap. 25, lib. V, cap. 1; Herrera, Historia de los Hechos, Decadas 1, p. 9. . Herrera, Decadas 5, p. 6.
. Idem, Decadas 2, p. 67.
. Idein, Decadas 4, p. 119.
. Idem, Decadas 2, p.161; Decad. 3, p. 94. Gemelli Careri, Giro del mundo, p. 6, lib. 1, cap. 3. . Idem, Decadas 1, p. 234.
. Voyez p. 98.
D Or à Co