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( 265 ) PAmérique, auraient, du sommet au littoral, sillonné toutes les pentes de Géologie. la Cordillère. Ces anciens lits de torrens sur un sol où il wa pas plu depuis les temps historiques, sont, comme je m’en suis assuré”, provenus non de pluies locales, mais des eaux qui seraient descendues des Cordillères seulement. Aujourd’hui, jamais un nuage aqueux ne s'arrête sur les montagnes du versant occidental; jamais un flocon de neige ne tombe de ce côté des Cordillères. Il faut donc, pour expliquer ces torrens produits par une cause générale, supposer que les Cordillères ont reçu momentanément des
pluies ou des neiges qu’elles ne reçoivent plus de nos jours. Il se serait alors passé, sur ces montagnes, un phénomène aqueux analogue à celui qu'on à observé sur toutes nos grandes montagnes d'Europe.
Tremblemens de terre.
Depuis que PAmérique a pris sa forme actuelle, il ny a plus eu à sa surface que de très-légères modifications partielles, apportées par les tremblemens de terre. J’en ai ressenti plusieurs, sans éprouver aucun de ceux qui paraissent avoir modifié, sur quelques points, les niveaux, en en exhaussant quelques parties. Je me bornerai donc ici à décrire la région des secousses et leur extension.
J'ai déjà dit que les grands affaissemens avaient dû se produire au sein du grand Océan, à l’ouest du continent américain”. La nature abrupte des côtes, la rapidité de leur pente vers la mer, ainsi que la grande profondeur des atterrages me porteraient à le croire. D’un autre côté, un fait assez curieux , cest que les tremblemens de terre ne semblent pas non plus séloigner du littoral. En effet, ceux qui, sur le rivage de la mer, sont assez violens pour faire écrouler toute une ville, ne causent à quelques lieues de là, vers l’intérieur, aucun préjudice, et perdent d'autant plus de leur force, qu'on s'élève davantage sur les Cordillères ; aussi n’a-t-on jamais senti sur le grand plateau bolivien aucune commotion semblable. C’est au moins ce que J'appris et ce que J'ai éprouvé vers le parallèle d’Arica * On pourrait se demander si la présence, par ce parallèle, du système bolivien na pas quelqu'influence sur le peu d'extension des tremblemens de terre, puisqu'il paraît que, dans la Cordillère du Chili, on éprouve encore de très-fortes secousses,
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.- Voyez p. 103, où j'ai étendu cette question. . Voyez p. 261.
. Voyez p. 106.
( 264 ) Géologie. lors des tremblemens de terre qui ravagent la côte. Quoi qu'il en soit, il est certain que les tremblemens de terre suivent le littoral du grand Océan, qu'ils diminuent d'intensité à mesure qu’on s'éloigne de la côte, et que, sur le grand plateau bolivien, on n’en à jamais ressenti la moindre atteinte.
J'ai cherché quels avaient été sur la côte les effets des grands tremblemens de terre qui, à diverses époques, ont ravagé toutes les villes du littoral dw grand Océan, de ceux, par exemple, qui ont détruit Arica, et complétement anéanti, à diverses époques, le Callao près de Lima‘. J'ai trouvé qu’à Pinstant même des secousses, la mer, balancée avec force, avait envahi la côte, en
entraïnant avec elle une immense quantité de sable et de galets sur les marais du Rimac, près de la ville des Rois; qu’alors les eaux, poussées avec une extrême violence, avaient transporté des navires à près d’une lieue dans l'intérieur. Lorsqu'on voit que de semblables mouvemens ont eu lieu dans les eaux, sans changer notablement la configuration du sol, on se demande naturellement ce qui devait exister lorsque le système chilien à pris son grand relief, et, dès-lors, il sera facile de se convaincre qu’une telle catastrophe n’a pas pu s'opérer sans déterminer une perturbation générale à la surface du globe.
Les tremblemens de terre paraissent avoir amené sur toute la côte ce fendillement des roches que jai remarqué à Valparaiso® et à Pachia.®
Eaux thermales.
J'ai signalé des eaux thermales sur plusieurs points du Pérou et de la Bolivia, à Pachia‘, au pied occidental de la Cordillère, à Caracato, à Miraflor”, aux Baños, près de Potosif, sur les plateaux élevés et dans la province de Chiquitos?, au centre du continent. Ces eaux, pour ainsi dire bouillantes à Miraflor, sont, partout ailleurs, assez tempérées. À Miraflor et à Caracato, elles sont accompagnées d’incrustations de carbonate de chaux.
1. Choix de Lettres édifiantes, 1. L®, p. 48; Ulloa, Relacion de un viage, 1. IT, p. 101.