‹ Voyage dans l'Amérique MéridionaleChapitre 166 sur 233 · N OO C · texte numérisé non relu

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et qu’elles ont immensément influé sur le nombre des historiens qui se sont patéonoccupés de cette question. Je reproduis la série des localités différentes où Pa l’on a indiqué des ossemens de mammifères et l'époque de leur découverte :

1. Sur le versant occidental des Cordillères, dans les régions équatoriales, les ossemens de Santa-Elena ont été vus, en 1550, par Pedro Gieca de Leon.

2. Les ossemens de Tarija, sur le versant oriental de la Cordillère bolivienne, au sud du 21.° degré de latitude, ont été signalés, en 1602, par Diego de Avalo y Figuroa.

5.” Les ossemens des Pampas de Buenos-Âyres sont indiqués, dès 1770, par le Padre Guevarra.

4 La découverte des ossemens du plateau de la Cordillère de Quito appartient à M. de Humboldt et date de 1802.

5.” Les ossemens fossiles de Colombie ont été vus par le même savant, vers la même époque.

6.” Le père Manoel Ayres de Cazal a le premier, en 1817, parlé des ossemens fossiles du Brésil.

7. J'ai vu des ossemens sur le grand plateau bolivien, en 1830.

8." J'en ai trouvé, en 1832, sur les rives du Rio Piray, dans la province de Moxos (Bolivia ).

9. M. Darwin en a observé sur la côte de Patagonie et dans la Banda oriental, de 1832 à 1836.

Ainsi les restes de mammifères fossiles se seraient montrés, jusqu’à présent, à l’ouest, sur les plateaux de la Cordillère, jusqu’à l'élévation de 4000 mètres environ; sur les versans occidentaux et orientaux de cette chaîne; au nord, sur les montagnes de la Colombie; à lest, au sein des vallées et des cavernes du Brésil; au sud, dans les plaines des Pampas et de la Patagonie. L'Amérique méridionale offrirait donc presque partout des débris de cette grande faune de mammifères, qui couvrait son sol avant la faune de l’époque actuelle. Quant aux causes de cette destruction simultanée des animaux qui peuplaient la vaste surface de PAmérique, je les ai développées ailleurs". Je crois pouvoir les attribuer aux grandes perturbations apportées sur le sol par lun des soulèvemens des Cordillères, qui a causé un mouvement violent des eaux de la mer, tel que celles-ci ont envahi les continens , entraîné et anéanti les animaux terrestres du nouveau monde, peut-être au moment même où elles détruisaient, en Europe, les mastodontes et les éléphans, qu'on n’y trouve plus qu'a létat fossile.

Paleontologie.

Ÿ. 2 Animaux marins.

Si le merveilleux qui se rattachait aux grands ossemens de mammifères, qui passaient pour des restes de géans, a déterminé Îles anciens écrivains espagnols à s’en occuper, il n’en est pas ainsi des corps organisés marins, qui, moins apparens, ne pouvaient intéresser qu'autant qu'ils présentaient des preuves d'un déluge universel. Cest en effet le seul motif qui a porté les auteurs du siècle dernier à parler des coquilles fossiles, regardées longtemps, même par les naturalistes de notre vieille Europe, comme de simples jeux de la nature. De très-longues recherches dans les ouvrages écrits sur le nouveau monde ne n'ont pas procuré des résultats aussi satisfaisans que pour les mammifères ; néanmoins ces résultats ne laissent pas que d'avoir quelque valeur, en ce qu'ils donnent Pétat actuel de la science paléontologique relativement à l'Amérique méridionale.

C’est, je crois, au voyageur anglais Narborough, qu’on doit la premiere mention des fossiles marins du continent méridional'. Ïl vit, en 1670, au port San-Julian, en Patagonie (49° de latitude sud environ), un grand nombre d’huîtres fossiles. Plus tard, en 1745, lors d’une expédition faite dans le but de peupler la côte de la Patagonie, les pères Cardiel et Quiroga virent une grande quantité des mêmes fossiles ?, Il paraît que les huîtres y sont des plus abondantes ; leur nombre a frappé, pour ainsi dire, toutes les personnes qui sont allées en ces lieux. En 1829, on m’apporta de ces régions des huîtres et un oursin?, que je reconnus être identiques à ceux des immenses bancs d'huîtres que j'avais trouvés, l'année précédente (1828) dans les falaises situées au sud du Rio Negro, en Patagonie, et citées par M. Cordier“ en 1834, dans le Rapport fait à l’Institut, figurées et décrites géologiquement depuis * comme appartenant au terrain tertiaire. M, Darwin‘ a également, après moi, observé

1. Histoire des navigations aux terres australes, 1. 11, p. 129.

2. Diario de un viage à la costa de la mar magellanica, p. 3; coleccion de Angelis, t. LT Les voyageurs disent : « Piedra no fat, y casi toda parece ser de ostiones convertidos en piedrax (la pierre ne manque pas, et elle parait être entièrement composée d’huitres pétrifiées ).

3. Géologie de mon Voyage, p. 63. C’est mon Ostrea palagonica et mon Echinus patagonensis. Voyez Paléontologie, pl. VI et VII.

4, Rapport, p. 27.

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