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CHAPITRE IV

Terrains carbonifères.”

Les terrains carbonifères sont également tres-développés sur le continent méridional ; je les ai observés sur le plateau bolivien, à 4000 mètres de hauteur absolue, depuis les rivages du lac de Titicaca jusqu'aux environs de Potosi; je les ai vus également sur les contre-forts orientaux de la Cordillère bolivienne, au sein des provinces de Cochabamba, de Valle grande, et à la fin du versant est des montagnes, sur une longueur immense. [ls se sont de nouveau montrés à moi sur les chaînes du système chiquitéen, au centre du continent américain. Suivant mes seules observations, les terrains carbonifères existeraient en latitude du 12.° au 22. degré ou sur dix degrés de longueur, et en longitude du 60." au 72.°, ou sur douze degrés de largeur.

Leur composition minéralogique offre des différences marquées. Aux parties inférieures ils sont formés (dans les îles de Quevaya et de Pariti, lac de Titicaca) par un calcaire compacte gris-bleuâtre, à rognons de silex, véritable calcaire de montagne, en tout semblable à celui de Visé et à ceux de plusieurs points des îles britanniques. Sur d’autres points des plateaux, à Yarbichambi, ce sont, aux mêmes parties, des grès calcariferes compactes, jaunâtres ou rougeâtres. Ces couches contiennent beaucoup de fossiles. Aux mêmes points sont superposées des couches de grès friables rougeätres, non argileux, sans fossiles, qui se retrouvent seules au versant oriental de la Cordillère orientale et dans la province de Chiquitos. Îl en résulte qu'on ne rencontre de fossiles que dans les couches inférieures, qui ne se montrent que sur les plateaux, tandis qu’ils manquent, au moins en apparence, sur les versans de la Cordillère et sur le système chiquitéen.

Toutes les coquilles fossiles des terrains carbonifères que je vais décrire sont, sans exception, de Yarbichambi ou des îles du lac de Titicaca, sur le plateau bolivien. Ces coquilles sont dans un très-bel état de conservation : elles conservent leur test et offrent toutes les garanties, désirables sous le rapport de leurs caractères zoologiques. Jai rapporté en France les corps organisés SUIVANS.

1. Voyez, pour tous les détails relatifs à lextension et à la composition des terrains carbonifères, la Partie géologique, p. 231.

IT. Paléontologie. 6

Paléontologie.

Paléontologie.

MOLLUSQUES GASTÉROPODES

N° 19. SOLARIUM ANTIQUUM, d’Orb.

PI. HI, fig. 1-3.

S. testä depressd; spir4, angulo 112°; anfractibus lævigatis, externe bicarinatis, inferné carinatis; umbilico mediocri; aperturd subtriangulari.

Dimensions : Ouverture de l'angle spiral, 112°; hauteur, 18 mill.; diamètre, 36 mill.; angle sutural, 45°.

Coquille déprimée, lisse, épaisse. Spire formée d’un angle un peu convexe, composée de tours déprimés, lisses, pourvus en dehors de deux carènes très-marquées, et en dessous d’une troisième carène, non loin de la suture. Ombilic peu large, à pourtour lisse. Bouche déprimée, presque triangulaire.

Rapports et différences. Cette belle espèce rappelle, pour ainsi dire, par sa forme, l’aspect de quelque solarium des terrains tertiaires; néanmoins ses caractères spécifiques la distinguent de toutes les espèces déjà décrites.

Localité. Je l'ai recueillie dans le calcaire carbonifère rosé de Yarbichambi, et dans le calcaire bleu de l’ile de Quevaya, non loin du lac de Titicaca, sur le grand plateau bolivien, à la hauteur de 4000 mètres environ. Elle y conserve son test, mais y est rare.

Explication des figures. PI. HE, fig. 1. Individu de grandeur naturelle, vu du côté de la spire.

Fig. 2. Le mème, vu du côté de l’ombilic.

Fig. 3. Le même, vu de profil.

N.° 20. SOLARIUM PERVERSUM, d’Orb.

PI IT, fig. 5, 6, 7 (sous le nom d’Euomfalus perversus).

S. testä simistrorsd, lævigatä, depressd; spird horizontali; anfractibus depressis, suprà convexiusculis, externé bicarinatis, infrà canaliculatis ; umbilico magno ; aperturä depressà , sinuatd.

Dimensions : Hauteur, 10 mill.; diamètre, 45 mill.

Coquille très-déprimée, lisse. Spire sénestre, enroulée sur le même plan, composée de Lours très-déprimés, très-peu convexes en dessus, où ils sont marqués de très-légères lignes d’accroissement, bicarénées au pourtour, aplatis en dessus et pourvus d’un canal accompagné en dedans d’un bourrelet large. Ombilic très-large, caréné à son pourtour. Bouche déprimée, convexe en dessus, sinueuse en dessous.

Rapports et différences. L’enroulement spiral à gauche, la forme singulière de cette espèce canaliculée en dessous, la distinguent si nettement des autres Solarium décrits, qu'il est impossible de la confondre avec aucun d’eux.

Localité. Je Vai recueillie avec l’espèce précédente à la ferme de Yarbichambi, au nord de la Paz (Bolivia), sur le grand plateau bolivien. Elle est pourvue de son test.

(45) Explication des figures. PI. IL, fig. 5. Individu de grandeur naturelle, vu du côté Paleonde la spire. PRÈS Fig. 6. Le même, vu du côté de l’ombilic.

Fig. 7. Le même, vu de profil.

N° 21. PLEUROTOMARIA ANGULOSA, d'Orb.

PI. II, fig. 4.

P. tesiä depressä; spird angulo 115°; anfractibus lævigatis, angulatis, carinatis ; umbilico clauso ; aperturd triangulari.

Dimensions : Ouverture de l’angle spiral, 115°; hauteur, 11 mill.; diamètre, 19 mill. Coquille déprimée, lisse, anguleuse. Spire formée d’un angle régulier, composée de tours déprimés, lisses, anguleux et carénés extérieurement. Ombilic entièrement fermé. Bouche triangulaire, un peu déprimée. Je ne connais de cette espèce qu’un échantillon incomplet, sur lequel je n’ai pas pu voir la bande du sinus. Localité. Je Vai recueillie, avec les deux espèces qui précèdent, à Yarbichambi. Explication des figures. PI. HT, fig. 4. Individu de grandeur naturelle, vu de côté.

N° 22. NATICA BUCCINOIDES, d’'Orb.

PI. IL, fig. 8, 9.

P. testd ovato-oblongd, lævigatä; spird angulo 110°; anfractibus conwexis, lævigatis; aperturd oblongd ; umbilico nullo.

Dimensions : Ouverture de l’angle spiral, 110°; hauteur, 30 mill.; largeur, 24 mill.

Coquille ovale-oblongue, plus longue que large, renflée. Spire formée d’un angle

q le) 2 2 le) régulier, composée de tours convexes, lisses, peu séparés sur la suture. Bouche oblongue, plus haute que large. Comme l’échantillon est tronqué en avant, je ne connais pas bien la forme de la partie antérieure de cette bouche. Elle n’a point d’ombilic.

Rapports et différences. La forme allongée du dernier tour de cette espèce la distingue tellement des natices décrites, que je doute même qu’elle reste dans ce genre, lorsque la bouche en sera bien connue.

Localité. Elle m'a été donnée à la Paz (Bolivia) , comme ayant été recueillie à Yarbichambi, avec les espèces précédentes.

Explication des figures. PI. TI, fig. 8. Individu de grandeur naturelle, vu en dessus.

Fig. 9. Le même, vu du côté de la bouche.

N.° 23. NATICA ANTISIENSIS, d’Orb.

PI. IL) fe 10. ÿ N. testé globulosä; anfractibus lævigatis, inflatis ; apertur& ovali; umbilico clauso. Dimensions : Hauteur, 18 mill.; largeur, 15 mill. Coquille globuleuse, un peu plus haute que large. Spire formée d’un angle régulier, composée de tours convexes, lisses, non canaliculés sur la suture. Bouche ovale, com-

primée. Ombilie non ouvert.

Paléon- apports et différences. Cette espèce paraît être assez voisine, pour sa forme générale,

“sie du Matica plicistria, Phillips, des terrains carbonifères d'Angleterre et de Belgique,

tout en s’en distinguant par le manque de plis transverses près de la suture. Localité. Elle a été recueillie à Yarbichambi, avec les espèces précédentes.

Explication des figures. PI. HT, fig. 10. Individu de grandeur naturelle.

MOLLUSQUES LAMELLIBRANCHES

N° 24. PECTEN PAREDEZI, d'Orb.

PI. Il, fig. 11.

P. testä oblongä, convexiusculd, inæquilaterd, obliqud; costis (25) simplicibus , rotundatis, sulcis conformibus; auriculis inæqualibus.

Dimensions : Ouverture de l'angle apicial, 74°; longueur, 24 mill.; largeur, 19 mill.; épaisseur, 8 mill.

Coquille ovale, plus longue que large, peu convexe, oblique et arquée, à côtés très-inégaux, ornée en long d’environ vingt-cinq côtes étroites, convexes, simples, égales aux sillons qui les séparent; ceux-ci marqués d’une légère saillie au milieu. Oreillettes très-inégales, les antérieures sont énormes, striées en travers et très-saillantes.

Localité. J'ai recueilli cette espèce au sein des couches des terrains carbonifères à Yarbichambi, au nord de la Paz (Bolivia), avec les espèces précédentes.

Explication des figures. PL IX, fig. 11. Individu de grandeur naturelle.

N.° 25. TRIGONIA ANTIQUA, d'Orb.

PI. TIL, fig. 12, 13.

T' test& rotundato-triangulari, crassd, anticè brevi, rotundatd, posticè subangulatd, cOSLiS concentricis, ereclis, regularibus ornald; are& posticd lævigatd , externé carinatd.

Dimensions : Ouverture de l'angle apicial, 78°; hauteur, 18 mill.; largeur, 16 mill.; épaisseur, 14 mill.

Coquille renflée, épaisse, courte et arrondie en avant, peu allongée et un peu anguleuse en arrière, ornée de côtes égales, élevées, concentriques, très-régulières et presque lamelleuses, parallèles à l'accroissement. Area antérieure pourvue de côtes transversales ; area postérieure simple, lisse, un peu concave, bordée en dehors d’une carène assez vive.

Rapports et différences. Cette espèce offre encore, par ses grosses côtes, une certaine analogie avec le Trigonia costata; mais elle s’en distingue, ainsi que de toutes les autres espèces de cette série, par ses côtés courbés en arrière, par son area étroite et lisse, et par le manque de crénelure ou de stries à cette partie.

Localité. Je Vai recueillie à Yarbichambi, avec les espèces qui précèdent; elle y parail rare.

Explication des figures. PL. HE, fig. 12. Individu de grandeur naturelle, vu de côté.

Fig. 13. Le mème, du côté de l’area postérieure.

MOLLUSQUES BRACHIOPODES

N.° 26. TEREBRATULA ANDII, d’Orb.

PI. III, fig. 14, 15.

T. tesid transversä, inflatd, inæquivalvi, margine longitudinaliter plicat& : plicis inæqualibus, subangulosis, elevatis, longitudinaliter striatis ; strüs interruptis, subspinosis; valvd dorsali curvatd. |

Dimensions : Ouverture de l'angle apicial, 105°; largeur, 27 millim.; longueur, 23 mill.; épaisseur de la valve dorsale, 12 mill.

Coquille transverse, un peu triangulaire, plus large que haute, épaisse, finement striée ; les stries très-rapprochées, interrompues, toutes s’élevant et se terminant, de distance en distance, par une légère saillie qui parait comme tubuleuse. Jeune, la coquille est ronde, simplement striée et régulièrement bombée; plus ägée, il naît cinq plis arrondis, qui se marquent de plus en plus, à mesure que la coquille grandit, et finissent par former cinq côtes, dont les trois médianes sont les plus élevées : ces cinq côtes forment, sur la jonction des valves, des dents accompagnées de plis transverses. Valve dorsale courbée au crochet.

Rapports et différences. Par ses gros plis simples, par ses petites stries interrompues et que termine un léger tubercule, cette espèce se distingue nettement des autres térébratules connues. Ce dernier caractère des petites stries interrompues la rapproche aussi de lOrthis Michelini el resupinatus, Sow., mais les gros plis de son bord len éloignent beaucoup.

Localité. Je Vai trouvée dans le terrain carbonifère de Yarbichambi (Bolivia).

Explication des figures. PI HT, fig. 14. Individu vu sur la valve dorsale.

Fig. 15. Le même, vu de côté.

N° 27. TEREBRATULA GAUDRYI, d'Orb. PI. II, fig. 16.

T. testä transversd, margine longitudinaliter 8-plicatd : plicis inæqualibus, roluridatis; costis exiguis, interruptis, longitudinaliter sparsis, ornatd. Le,

Dimensions : Ouverture de l’angle apicial, 118°; largeur, 24 mill.; longueur, 16 mill.

Coquille ovale transversalement, plus large que haute, épaisse, marquée à d'assez larges intervalles, de très-petites côtes interrompues qui, d’abord très-étroites, s’élargissent , s'élèvent davantage et se terminent chacune brusquement, à diverses hauteurs de l’accroissement, celles qui naissent ensuite partant de l’intervalle des premières. Jeune, la coquille est arrondie, vers la moitié de son accroissement il naît huit gros plis (quatre de chaque côté) qui se marquent de plus en plus vers le bord. De ces plis, les deux médians sont les plus gros; les autres vont en diminuant de grosseur, en

Paléon-

tologie.

Pcléontologie,

( 46 ) s’éloignant du centre. Valve dorsale peu bombée, dont la plus forte courbure est près du crochet.

Rapports et différences. Très-voisine de la Terebratula Andiï, par les gros plis du bord et par ses petites côtes interrompues, cette espèce s’en distingue bien nettement par ses plis au nombre de huit, au lieu de cinq, et par ses petites côtes beaucoup plus

espacées. Les deux espèces appartiennent, du reste, à un seul groupe, que caractérisent les côtes interrompues.

Localité. J'ai rencontré cette espèce avec la précédente. Explication des figures. PI. IT, fig. 16. Individu de grandeur naturelle, vu sur la valve dorsale. C’est par erreur que les petites côtes ne sont pas interrompues.

N.° 28. SPIRIFER ROISSYI, Léveillé.

PI. II, fig. 17— 19. (Sous le faux nom de Terebratula antisiensis. ) Spirifer Roissyi, Léveillé, 1835, Mém. de la Soc. géol., t. IT, p. 39, pl. Il, fig. 18 —20.

T' testä transversdä, inæquivalvi, lævigatä, longitudinaliter tenuiterque striatd ; marginibus in medio sinuosis, latè sulcatis ; umbone curvato, apice perforato. Dimensions : Angle apicial, 105 à 119°; largeur d’un individu large, 22 millim.;

longueur, 19 mill.; épaisseur, 11 millim.

Coquille variable dans sa forme générale, le plus souvent transverse, plus large que haute, assez bombée, à valves inégales; la valve dorsale la plus bombée, à sommet fortement recourbé et percé d’un trou rond, qui parait néanmoins communiquer avec l’area. Jeune, cette espèce est également bombée, sans bourrelet ni sillon; mais, vers le cinquième de son accroissement, il naît, sur la valve dorsale, un très-léger sillon, représenté, sur la valve opposée, par un très-léger bourrelet; le sillon s’élargit et se creuse durant l’accroissement ; il devient très-large, profond, sans bords arrêtés, et finit par former, sur le bord, un ample sinus représenté en dessous par une très-forte saillie; aussi le front est-il très-sinueux. Sur les échantillons bien complets j'ai reconnu à la loupe de très-légères stries longitudinales, qui se croisent avec quelques lignes concentriques d’accroissement inégales et très-irrégulières.

Rapports et différences. Voisine par sa forme générale des Terebratula concentrica des terrains dévoniens, cette espèce s’en distingue par ses stries concentriques d’accroissement, beaucoup moins régulières et moins rapprochées.

Localité. Je Vai recueillie à Yarbichambi avec les espèces qui précèdent.

Explication des figures. PI. TL, fig. 17. Individu vu de côté.

Fig. 18. Le même, vu en dessous.

Fig. 19. Variété allongée, vue en dessus.

N° 29. SPIRIFER CONDOR, d’Orb.

PI. V, fig. 11—14.

S. testd elongatd, transversd, subtrigond, in medio sinu mediocri instructd, longi-

(47) tudinaliter sulcatd : sulcis angustatis, inæqualibus, in natibus trifurcatis, transversim plicatis, imbricatis ; are& latd, canaliculatd.

Dimensions : Ouverture de l’angle apicial, 137°; angle frontal, 125°; longueur, 39 mill.; largeur, 62 mill.; épaisseur, 25 mill.; ouverture de l’angle du sinus, 23”.

Coquille transverse, plus large que haute, très-bombée, à valves très-inégales; la valve dorsale beaucoup plus grande que la valve ventrale, à sommet fortement recourbé en crochet; area large, creusée, striée en travers, terminée en pointe de chaque côté. Jeune, cette espèce commence par être ornée de seize côtes simples, élevées, huit de chaque côté, jusqu’à la hauteur de 5 millimètres, en partant du crochet; bientôt après, ces côtes se divisent chacune en trois, et continuent, sans se bifurquer, jusqu’à la hauteur de 17 millimètres, où elles se divisent et se subdivisent encore, avant que la coquille ait atteint son plus grand accroissement. Dans le jeune âge, le sinus est pourvu au milieu d’une côte saillante, qui se bifurque à 10 millimètres du crochet et reste ainsi en deux côtes jusqu’au bord. Dans l’âge le plus avancé, en comptant ces deux côtes, il y en a dix au sinus, alors très-profond. Le bourrelet, toujours très-saillant, est marqué dans le très-jeune âge d’un léger sillon médian. Toutes les côtes sont trèssaillantes, bien séparées par des sillons : elles sont croisées par des plis transverses d’accroissement très-rapprochés, formant une saillie et représentant chacun sur les côtes une petite tuile imbriquée. Le sinus et le bourrelet se distinguent assez facilement du reste, quoique les côtes soient en tout semblables; celles-ci sont au nombre de trente de chaque côté du sinus.

Rapports et différences. Cette espèce est, par sa forme générale et par ses côtes dichotomées, très-voisine du Spirifer striatus, Sow.; mais, en les comparant, on reconnait qu’elles diffèrent spécifiquement par les côtes non dichotomées dans le jeune âge, par les côtes plus élevées, par les plis imbriqués de celles-ci, par le sinus bien plus profond, le bourrelet bien plus saillant, par beaucoup moins de côtes dans le sinus, et par la côte médiane de cette partie. Ces différences démontrent que ce sont bien deux espèces distinctes.

Localité. J'ai recueilli cette espèce à Yarbichambi, au nord de la Paz, sur le plateau bolivien, à 4000 mètres d’élévation au-dessus du niveau de la mer, au sein du calcaire gris carbonifère; elle y est peu commune. Les habitans de la ferme de Yarbichambi l'avaient néanmoins remarquée et l’appelaient condor, par suite de l’analogie de la forme de la coquille avec le condor volant.

Explication des figures. PI. V, fig. 11. Individu de grandeur naturelle, vu sur la valve dorsale.

Fig. 12. Vu sur la valve ventrale.

Fig. 13. Vu en raccourci, de côté.

Fig. 14. Un morceau grossi, pour montrer les plis.

Paléontologie.

Paléontologie.

N.° 30. SPIRIFER PENTLANDI, d'Orb.

PI. V, fig. 15.

P. test& oblongo-transversd, in medio sinu mediocri instructd, longitudinaliter costatä : costis latis, simplicibus , in sinu 3, in latere 13 ornatd; strüs transversis, imbricatis.

Dimensions : Ouverture de l’angle apicial, 140°; angle du sinus, 16°; longueur, 23 mill.; largeur, 38 mill.; épaisseur, 17 mill.

Coquille wransverse, plus large que haute, assez bombée, à valves inégales, à sommet peu recourbé, tout en étant saillant, à côtés obtus, offrant leur plus grand diamètre à l’extrémité de l’area. Area creusée, peu large, acuminée aux extrémités latérales; front sinueux par le sinus, très-saillant dans son ensemble, et remontant latéralement en arc vers l’area. La coquille est ornée en long de côtes arrondies peu élevées, simples, non bifurquées, très-larges par rapport au sillon qui les sépare. Ces côtes, au nombre de treize de chaque côté, diminuent de largeur en s’éloignant du centre; toutes sont ornées en travers et très-finement de stries égales très-rapprochées, apparentes seulement à la loupe. Le sinus est peu profond, pourvu de trois côtes, une médiane occupant le fond, et deux latérales. |

Rapports et différences. Bien caractérisée par les trois côtes de son sinus et ses côtes latérales simples, cette espèce se distingue par ses ornemens du Sprrifer striatus de Sowerby, dont il a la forme générale. Sous le nom de Spirifer semi-circularis, Phillips , M. de Kœning m'a envoyé du calcaire carbonifère de Visé, absolument l'identique de mon espèce, pour les côtes, la forme et les détails. Comme je doute que ce soit l'espèce figurée par Phillips, je lui conserve le nom spécifique que je lui avais imposé dans mes planches. Cette identité me parait d'autant moins certaine, que M. de Buch considère le Sp. semi-circularis de Phillips comme une variété du Sp. striatus, facile à disüinguer par la bifurcation de ses côtes.

Localité. Yai recueilli cette espèce aux rives du lac de Titicaca, sur le plateau bolivien, dans le calcaire bleu,compacte du terrain carbonifère, à l’extrémité de l’île de Pariti.

Explication des figures. PI. V, fig. 15. Valve dorsale de grandeur naturelle.

N° 31. ORTHIS CORA, d'Orb.

PI. I, fig. 21— 93.

O. test& subrotundatd, striatd; striis inæqualibus bifurcatis; valsd inferiore in medio subsinuatd; umbone brevissimo, curvato; ared angustatä.

Dimensions : Ouverture de l'angle apicial, 100°; longueur, 7 mill.; largeur, 7 mill. ; épaisseur, à mill.

Coquille aussi haute que large, peu élevée, à valves presque égales, à sommet trèscourt, fortement recourbé, de manière à cacher une grande partie de l’area; côtés très-

(49) obtus, area étroite, en partie cachée par le crochet; front droit au milieu, les côtés très-arrondis. La coquille est ornée en long de stries dichotomisées, et augmentant de nombre, du sommet jusqu’au bord. Il naît, sur sa valve inférieure, un léger sinus, qui s’élargit en diminuant de profondeur en approchant du front.

Rapports et différences. Les stries dichotomées et le sinus inférieur de cette espèce la rapprochent beaucoup à la fois de l'Orthis Michelini, du terrain earbonifère de Tournay, et de l'O. testudinaria de l'Eifel; mais, malgré sa grande ressemblance avec ces deux espèces, je ne puis la réunir ni à l’une n1 à l’autre. Plus étroite, en effet, moins carrée que l’O. Michelin, elle en diffère encore par son crochet bien plus recourbé, par sa plus grande épaisseur; également moins carrée que l'O. testudinaria, elle est aussi plus épaisse, plus bombée, et son angle apicial est beaucoup moins ouvert.

Localité. Elle a été recueillie à Yarbichambi, avec les espèces précédentes.

Explication des figures. PL. IT, fig. 21. Individu grossi, vu sur la valve dorsale.

Fig. 22. Le même, vu sur la valve ventrale.

Fig. 23. Le même, vu de côté.

N.° 32. ORTHIS BUCHII, d'Orb.

O. testd depressd, tenuissimè costatd : costis inæqualibus, elevatis, furcatis ; fronte rotundato; ared truncatd , lineari, rect&; umbone brevissimo.

Dimensions : Ouverture de langle apicial, 154°; longueur, 25 mill.; largeur, 35 mill.; épaisseur, 6 mill.

Coquille plus large que haute, très-déprimée, à valves peu inégales, à sommet trèscourt, très-peu saillant; area linéaire presque droite, formant une large troncature; côtés obtus, arqués; front très-saillant, arrondi. La coquille, dépourvue de tout sinus, mais un peu ondulée, est ornée de petites côtes saillantes, inégales, se bifurquant souvent, de manière à être de bien peu plus grosses près du front que du sommet. Chaque nouvelle côte naît toujours de l'intervalle des premières; il s'ensuit que celles qui continuent du sommet au bord sont plus grosses que les autres.

Rapports et différences. Cette espèce est, par sa forme générale et par ses stries, voisine de l'Orthis umbraculum ; mais elle s’en distingue facilement par son crochet recourbé vers larea, par les ondulations de sa superficie, par ses côtes plus inégales, par moins d'épaisseur et par l’area bien plus étroite.

Localité. Je lai recueillie dans le calcaire carbonifère de Yarbichambi (Bolivia).

N° 33. LEPTÆNA VARIOLATA, d’Orb.

PI. IV, fig. 10, 11 (sous le nom de Productus variolatus).

L. test transversd, depressä, substriut&, minute punctat&; fronte latè sinuato ; ared subrect&, truncatd; valvd inferiore concavä.

Dimensions : Angle apicial, 160°; hauteur, 10 mill.; largeur, 16 mill.; épaisseur, 3 mill.

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