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Dans la province de Venezuela, Carache

3.” Au sud, dans la province de Santa-Fe de Bogota, Tocayma, à l’ouest de Santa-Fe; Tbague, sur la rive gauche du Rio de Magdalena; Anapoyma, Chipaqui et Zapatore; Pitaquiro, entre Honda et Santa-Fe.

Considérés quant à la nature de la roche, ces échantillons présentent, presque tous, une parfaite uniformité. Ce sont des calcaires marneux noirs ou noirâtres, près de Santa-Fe; des calcaires noirs très-compactes, fétides et pétris de fossiles, à Tocayma, à Chipaque, à Velez, à San-Gil, à Oyba, à Suarez, au Rio Sube, à Capitanejo et à Cacota de Matanza, c’est-à-dire au nord et au sud des régions explorées; des calcaires bruns ou Jaunâtres, passant quelquefois aux grès à Tocayma, à [bague, à Chipaque, à las Palmas et à Capitanejo, encore sur tous les points. Lorsqu'on rapproche ces roches, elles offrent un facies d'ensemble si parfait, qu'il paraît impossible de les séparer en zones distinctes, tandis qu'au contraire leur analogie porte à croire qu’elles appartiennent toutes à une seule et même formation. D’ailleurs, de la répartition sur tous les points, des roches de même nature et de la présence des mêmes espèces de fossiles, au sein des roches noires et des roches brun-jaunâtres, on peut conclure, avec plus de certitude, qu’elles dépendent d'un même terrain, soit de couches différentes, soit de localités éloignées. Quand on voit se déposer simultanément de nos jours, à quelques lieues de distance et dans des baies voisines de notre littoral, suivant les affluens et suivant les courans régnans, des galets, des graviers, du sable pur, du sable vaseux et de la vase, il est permis de supposer qu'aux différentes époques géologiques il en était ainsi, et que dès-lors les petites variantes de la roche tiennent à ces mêmes causes, ou aux diverses altérations qu’elle a pu subir depuis son dépôt. En résumé, les caractères minéralogiques feraient croire que tous les fossiles recueillis par M. Boussingault appartiennent à la faune d’une seule formation géologique.

Les fossiles que J'ai pu déterminer en scrutant les échantillons sont les

suIvans.

Paléontologie.

CÉPHALOPODES

N.° 48. AMMONITES BOUSSINGAULTII, d'Orb.

PI. 1, fig. 1, 2.

A. testä inflatd, transversim costatd; costis simplicibus , ad partem interiorem Jascicularibus, tuberculatis ; tuberculis acutis ; ultimo anfractu Ÿ ; aperturd latà, semi-lunart.

Dimensions : Diamètre; 106 millim.; épaisseur, 56 mill.; largeur au dernier tour, 40 millim.

Coquille convexe; le pourtour intérieur est lisse sur la partie en pente vers lombilic, qui peut occuper le tiers de la largeur de chaque tour. À la partie la plus saillante de ce pourtour naissent quinze tubercules arrondis, coniques et en pointes; du côté externe des tubercules partent, par faisceaux, cinq à six côtes simples, parallèles, qui passent sur le dos, sans s’interrompre el vont se réunir de nouveau en faisceaux au côté opposé. Entre chaque tubercule sont deux petites côtes longitudinales à l’enroulement spiral. Dos large, arrondi, traversé d’environ cent côtes, par révolution spirale. Spire composée de tours déprimés, apparens dans l’ombilic sur environ la moitié de leur largeur. Le dernier a les trente-huit centièmes du diamètre entier. Bouche plus large que haute, formant un polygone dont les angles sont très-émoussés ; complète, elle est pourvue, en avant, de deux ou trois bourrelets parallèles, très-obliques, et non dans la direction des côtes du dos. Entre les bourrelets, on remarque un sillon large et profond. Cloisons. Elles ne sont pas apparentes sur l’échantillon que j'ai étudié.

Rapports et différences. Au premier aperçu l’on pourrait croire que cette espèce ressemble à beaucoup d’ammonites déjà décrites par les auteurs; mais, lorsqu'on la compare attentivement aux autres, on lui trouve des caractères bien différens. Parmi les ammonites des terrains jurassiques, V4. Brochü, Sowerby, de l’oolite inférieure, est celle qui s’en rapproche le plus par ses tubercules et ses côtes non interrompues sur le dos; néanmoins l4. Boussingaultii s'en distingue immédiatement par sa forme plus bombée, par ses tours plus renflés, par ses tubercules au nombre de quinze par tour, au lieu de vingt-cinq à vingt-sept; enfin, par ses tubercules arrondis et non prolongés en côte, dans lombilic. Si je cherche à comparer mon espèce avec les ammonites du terrain crétacé, Je trouverai qu'une seule a des rapports très - immédiats : c’est l’Ammonites Astierianus (d’Orb.) des terrains néocomiens inférieurs du bassin méditerranéen. L’analogie est si frappante, qu'on serait tenté de les réunir; en effet, mème forme renflée, mêmes côtes rapprochées sur le dos, même bouche complète, pourvue de bourrelets et d’un sillon; pourtant, comparée avec un très-grand nombre d'échantillons de V4. Astierianus, VA. Boussingaulti a toujours montré les différences suivantes, qui me paraissent suffisantes pour l'en distinguer spécifiquement : 1° un enroulement spiral

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