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MAMMIFÈRES PACHYDERMES

N.° 14%. TOXODON PLATENSIS, Owen.

PI. IX, fig. 1-4.

«D'une dent molaire inférieure de Toxodon platensis, nouveau genre de fossile établi

par M. Owen (Zoology of the voyage of H. M. S. Beagle).

« Cette dent, représentée de grandeur naturelle, pl. IX, fig. { par son côté interne, fig. 2 par son côté externe, fig. 3 par son côté antérieur, et fig. 4 par sa coupe transversale, est la quatrième ou cinquième molaire du côté gauche de la mächoire inférieure du toxodon, ainsi qu'on peut s’en assurer par l’inspection de la fig. 2 de la pl. V du mémoire de M. Owen sur cet animal.'

«Cette dent, longue, aplatie, droite, quadrangulaire et sans racines, offre deux plis d’émail à sa face interne a et b, fig. 1 et 4, et un seul à sa face externe c, fig. 2 et 4. Le pli antérieur a de sa face interne est moins profond que le postérieur b; celui de la face externe c, qui est le plus antérieur, est le moins profond de tous. Il résulte de là, que la face interne est divisée en trois lobes presque égaux, et la face externe en deux lobes inégaux. On ne peut ajouter à la description que M. Owen à faite de ces dents, qu'une circonstance qu’il a constatée dans les dents molaires supérieures, et que l’état

1. Fossil mammalia, faisant le 1° cahier de louvrage intitulé : The z0ology of the voyage of

H. M. S. Beagle , under the command of captain Fitzroy during, the year 1832 to 1856.

Paléontologie.

Paléon- des inférieures qu'il à décrites n’a pu lui laisser apercevoir, c’est que les angles internes

tologie.

d'et e manquent d’émail, ou du moins n’en sont pourvus que d’une couche extrémement mince, colorée en jaune dans notre dent fossile, tandis que le reste du contour est pourvu d’un émail épais et d’un beau blanc. On a cherché à exprimer ces différences de teintes dans les figures que nous donnons de cette dent, par la coloration plus forte des angles d et e dans les fig. 1 et 3.

«Cette absence d’émail rendant l’usure de ces angles plus facile, il s’ensuit que la surface triturante est très-inégale. L’angle d par exemple, le seul que cette surface de notre dent nous offre, est usé très-obliquement. Outre cela, l'émail blanc de la face externe s’use aussi d’une manière oblique, comme on le voit fig. 2, ce qui tient sans doute à la disposition des lobes des dents de la mâchoire supérieure. Cette structure des dents du toxodon justifie le rapprochement que fait M. Owen de cet animal avec les rongeurs et avec les édentés. En effet, ces deux ordres seuls offrent des animaux à denis molaires sans racines, en comprenant toutefois le phascolome parmi les rongeurs. Mais, comme par le nombre des dents et par la forme des diverses parties de la tête, le toxodon se rapproche aussi des pachydermes, sa véritable place ne sera connue que lorsqu'on aura trouvé les os des membres et particulièrement des pieds. :

«Si le rapprochement que nous avons fait de l’humérus de la planche XIF, fig. 1-3, se confirme, c’est-à-dire si cet os appartient à un toxodon, il faudrait en conclure que c'était un quadrupède babitant peut-être les fleuves, comme l’hippopotame et comme plusieurs rongeurs, mais ne se rapprochant pas des cétacés herbivores, comme M. Owen penche à le croire.”

Localité. Cette belle dent m'a été donnée par mon savant ami, M. Ferraris, directeur du musée d'histoire naturelle de Buenos-Ayres. Il l'avait recueillie sur les rives de la Plata, au sein des limons pampéens qui s'étendent sur la plage au nord de la ville, du côté de la Recoleta.

N. 145. MASTODON ANDIUM, Curv.

PI. X et XI.

« Des os de mastodontes de la vallée de Tarija en Bolivia.

« Le mastodonte des Cordillères (Hastodon And) n’a été établi par M. Cuvier que d’une manière presque conjecturale. Deux dents à six pointes, comme les dents carrées du mastodonte de Ohio, mais donnant par la détrition des figures de trèfles, comme celles du mastodonte à dents étroites, suflirent au créateur de la paléontologie pour établir cette espèce. M. d'Orbigny a rapporté le dessin d’une mâchoire inférieure et de deux dents séparées, qui confirment pleinement les conjectures de M. Cuvier. La màchoire inférieure, pl. X, fig. 1 et 2, a des caractères qui la font promptement distinguer de celles des espèces connues. La pénultième et l’antépénultième dent sont à six grandes pointes, mais entre ces grandes pointes s’en trouvent de petites, de sorte que la couronne, étant à demi usée, présente des figures de trèfles semblables à celles des

( 145 ) dents du mastodonte à dents étroites, qui portent, comme on sait, huit grandes pointes. Paléon- La mâchoire inférieure est plus semblable, pour sa forme générale, à celle des éléphans Lolageque celles des autres mastodontes; son angle et son bord inférieur sont arrondis. Son bec, qui est très-long et demi-cylindrique, est dirigé en bas. La dernière molaire n’est point encore sortie de son alvéole, mais on en voit un germe pl. XI, fig. 3 et 4, qui montre qu’elle avait cinq paires de grandes pointes, comme il arrive souvent au mastodonte de l'Ohio. Les figures 1 et 2 de cette même planche représentent une dent antérieure à six grandes pointes, munie de ses racines avec un commencement d'usure. Les bords du bout du bec sont amincis, de sorte qu’il ne paraît pas y avoir eu d’incisives. S'il en a existé, elles n’ont pu être que rudimentaires, et elles sont tombées dans

l'extrême jeunesse, car il n’en reste plus de traces dans cette mâchoire, qui est loin cependant d’être adulte. En tout cas elles auraient été un peu dirigées en bas, à la manière de celles du HMastodon longirostris de M. Kaup. ”

Localité. La vallée de Tarija, située au sud de la république de Bolivia, dans les derniers contre-forts orientaux de la Cordillère orientale, a été, depuis long-temps, citée pour ses ossemens fossiles. Diego de Avalo y Figuroa l’annônça pour la première fois en 1602. Cent cinquante-neuf ans plus tard, en 1761, M. de Jussieu écrivait à son frère? qu'il avait entendu parler de cette contrée comme étant riche en ce genre; M. de Humboldi dit la même chose. Je l’appris aussi en arrivant en Bolivia, en 1830; mais des circonstances s'étant opposées à ce que je pusse aller moi-même à Tarija, j’eus le bonheur de rencontrer, dans mes voyages, une collection d’ossemens de cette vallée, que je pus examiner. En 1832, étant à Santa-Cruz de la Sierra, M. Nicolas Matson y arriva de Tarija, apportant beaucoup d’ossemens qu’il m’assurait appartenir à des géans. J’y reconnus, de suite, une belle mâchoire inférieure de mastodonte et un grand nombre de molaires. J’obtins de ce voyageur la permission de dessiner ces pièces, dont la réducüon est représentée pl. X et XI, et je reçus de lui, ainsi que de M. le docteur Martins, quelques renseignemens sur la position géologique de ces ossemens. La vallée de Tarija forme un petit bassin sillonné, à l’est, par un cours d’eau. C’est sur les bords de ce cours d’eau, qui traverse le dépôt de la vallée, qu’on rencontre une immense quantité d’ossemens dans ‘un limon graveleux, où les animaux paraissent être presque

entiers.

Resume géologique.

Les espèces de mammiferes fossiles rencontrées soit dans les Pampas, soit dans les cavernes du Brésil, sont les suivantes :

1. Miscelanea austral.' Lima , 1602 ; Colloquio XXXIII, p. 147. 2. Cuvier, Recherches sur les animaux fossiles, tom. 1”, p. 266. 3. Voyages aux régions équatoriales, tom. HF, p. 84 (in-8.°).

1I[I. Paléontologie. 1 9

Paléon-

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