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Géologie, p. 81 et p. 253 et suiv

Paléontologie.

cées avec force, ont envahi les continens et anéanti les grands animaux terrestres, en les entraînant tumultueusement soit dans les parties les plus pro- {ondes des continens, soit au sein des mers. Je ne reproduirai point ici les | divers argumens géologiques, auxquels on peut recourir. Je vais seulement envisager la question sous les points de vue zoologique et de la distribution

géographique actuelle des êtres.

Comparée à la faune actuelle, la faune dont Je viens de donner la composition en différe on ne peut davantage, puisque, indépendamment de ce que les espèces en sont distinctes, beaucoup de genres n'existent plus aujourd’hui sur le sol américain. La citation de quelques-uns de ces genres le prouvera

sans peine.

GENTES AMEN 02 EN CR Ne des cavernes.

PO IOUONREE eee TT des Pampas.

Scelidotherium "ON IN ON EN, idem.

OnYCICrOpUS ER ON M OI idem.

Megalonyæ. . . -.. . . . . . . . .:'. . des cavernes; des Pampas. Megatherium . . . . . . . . . des Andes; idem ; idem. HolOpIon ee RTE RC idem ; idem.

EUR odon CR RER des cavernes.

HÉPEROTOR ER CRE NE idem.

Chlamydotherium . . . . . . . . . . . idem.

PORC ON CEE Re idem. PIQIYOND NOR CENT PRET", idem.

SDRENOUON: Ne 06e TN MONTE idem.

loxodon See CRE Roc des Pampas.

Cilossothenume RO idem.

Mastodon . . . . . . . . . . des Andes; des cavernes; des Pampas. OUTRE RD RE UE EL Re Cie Ne idein ; idem.

Ainsi, tous les genres cités ne vivent plus sur le sol actuel du nouveau monde. Îls appartiennent donc évidemment à une génération perdue et antérieure à notre époque, puisque la faune actuelle en differe complètement.

Les genres Megalonyx, Megatherium, Holophorus et Mastodon se trouvent simultanément au sein des Pampas et dans les cavernes. C’en est assez, Je pense, pour prouver que la première région aujourd’hui tempérée et la seconde, située sous les tropiques et très-chaude, renferment les débris d'une même faune qui se montre encore Jusque sur les plateaux aujourd'hui glacés du sommet de la Cordillère. D’après les lois naturelles de la distribution géographique actuelle des êtres. les animaux sont générale-

ment circonscrits en des limites rigoureuses de température. [1 paraît dèslors probable que les grands mammifères qui, avant notre époque, habitaient les régions les plus chaudes du continent américain , ne pouvaient pas vivre simultanément au sein des plaines tempérées et sur les sommets glacés des montagnes. Cela porterait à croire : 4.” que les conditions d'existence ont changé du tout au tout, dans les deux derniers lieux; ou 2.” que les êtres y ont été transportés par des causes fortuites. Je dois, pour arriver à une solution satisfaisante, considérer la question sous ces deux points de vue.

Quelles sont les régions habitées aujourd’hui par les grands mammifères ? Telle est la première question qui se présente naturellement à Pesprit. Les grands mammifères fossiles appartiennent à la série des Ædentés et des Pachydermes. Aujourd’hui, quoiqu'ils soient très-loin d'approcher, pour la taille, des espèces perdues, les plus volumineux de ces animaux vivent exclusivement sous la zone torride. En effet, les plus grands édentés, le Fournulier tamanoir et le Tatou géant, sont propres aux régions tropicales. Il en est de même du Tapir ordinaire parmi les pachydermes. On devrait en conclure que les énormes mammifères fossiles d'Amérique ont habité les régions chaudes de ce continent. Les édentés actuels sont insectivores ou se nourrissent de racines de végétaux; les pachydermes de grande dimension sont essentiellement herbivores. Or, ces conditions d'existence ne se rencontrent effectivement que sous une température élevée, au milieu de cette végétation luxuriante, propre aux régions à la fois chaudes et humides. Tout ferait donc penser, que les grands animaux mammiferes de races perdues vivaient en des conditions aussi favorables, et qu'ils habitaient seulement les régions chaudes du continent.

J’examinerai maintenant, comparativement à ces conclusions, Pétat actuel des lieux où ils se montrent fossiles.

La zone des cavernes du Brésil, située bien en dedans des tropiques, dans la province de Minas Geraës et sur des montagnes peu élevées, couvertes encore de toute l’admirable végétation des régions chaudes, offre, comme jadis, des conditions propres à l'habitation des grands pachydermes et édentés. On pourrait donc supposer avec vraisemblance que les grands mammifères de races éteintes de ces cavernes sont là sur leur lieu natal, au sem des régions qu'ils habitaient avant leur anéantissement.

Les limons du terrain pampéen offrent surtout une grande extension, du 32." au 39. degré de latitude sud, sous une zone tempérée et même froide, puisqu'il gele à la Bahia blanca. L'état atmosphérique y serait dès-lors contraire

Paléontologie.

baléon- à Phabitation des grands mammifères fossiles. Si de plus on y examine les

tologie.

conditions d'existence, on sera encore plus éloigné de supposer que les grands édentés et les pachydermes fossiles y aient pu vivre. Aujourd’hui la végétation des Pampas ne se compose que de petites plantes graminées ; on n’y voit aucun arbre et très-rarement de petits buissons : la nature y est triste et inanimée. Lorsqu'on à vu le Tatou géant ne se complaire qu'au milieu de la riche végétation des grands palmiers, les Tapirs chercher la lisière des grandes forêts, on se demande sil a pu vivre dans les Pampas, avec les conditions actuelles d'existence, des Megalonyx, des Megatherium et des Mastodontes, qui, en raison de leurs immenses dimensions, devaient avoir besoin de plus d’élémens favorables. lci,’malgré tout ce qu’on à dit pour prouver qu'avec de légers changemens ces animaux ont pu habiter les Pampas du sud, j'avoue que je ne saurais me ranger à cette opinion, puisque ces légers changements seraient du tout au tout. Il faudrait, en effet, d’un côté, une température bien plus élevée, des forêts, une végétation active, et enfin une nature tout à fait distincte de celle des nes actuelles, qui ne sont que d'immenses déserts. Dailleurs la difliculté se complique ici d’une autre question. Les animaux qui habitent d'ordinaire sur les montagnes, ou même sur un terrain légèrement accidenté et humide, peuvent-ils vivre également au milieu des plaines sèches et presque stériles ? Je ne le pense pas, et l’on est forcé d'admettre de deux choses Pune : ou les Pampas étaient alors couvertes d'une végétation active et jouissaient d’une température assez chaude pour que les conditions d'existence sy trouvassent propres à lhabilation des grands animaux ou les restes de ces animaux qu’on y rencontre y ont été transportés fortuitement.

Si les Pampas avaient été couvertes d’une végétation assez active, pour que les grands animaux fossiles y vécussent, on en trouverait quelques traces ; on y verrait soit des tourbes, soit ces dépôts noirâtres composés d’humus, qui se remarquent si fréquemment dans les lieux où a existé une grande végétation; et ces traces seraient interposées entre les couches qui renferment les animaux. Or, rien de pareil ne se montrant nulle part, et toutes les considérations géologiques dans lesquelles je suis entré ailleurs” ne permettant pas de douter que ces animaux n’y aient été apportés par suite d’un grand mouvement des eaux, je crois pouvoir en conclure que, loin d’être sur leur sol natal, les mammifères fossiles des Pampas ont été charriés à la suite

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