‹ Voyage dans l'Amérique MéridionaleChapitre 216 sur 233 · Géologie, voyez p. 81 et · texte numérisé non relu

Géologie, voyez p. 81 et

d’une révolution géologique, et entraînés des régions chaudes vers ces paléon-

tologie.

plaines.

M. Darwin’ a pensé qu'une partie des Pampas pouvait être considérée comme l'estuaire même de la Plata, où les grands animaux avaient été apportés par les courants de cette rivière. J'ai combattu cette opinion* par les dimensions mêmes du bassin des Pampas, qui s'oppose à cette explication, puisqu'il offre jusqu'a sept degrés de largeur. D’un autre côté, si lon juge des faits passés par les faits actuels, je répéterai que le rôle si puissant qu'on a fait Jouer aux affluens pour le transport des animaux, doit être de beaucoup réduit. Sur les rives de nos fleuves d'Europe, bordés de villes, on voit, il est vrai, un grand nombre de mammifères flottans; mais d’où proviennentils? Sont-ils allés sy noyer? ont-ils été surpris par des inondations? Ces questions sont faciles à résoudre. Jamais un animal malade ne s'approche des eaux, qu'au contraire il paraît fuir. En Europe, les inondations ont lieu pendant l'hiver, et cest en été qu'arrive le plus grand transport d'animaux. D'ailleurs il est certain que ce sont tous des animaux domestiques, et qu'ils y ont été Jetés par les hommes. S'il en était autrement au milieu des solitudes du nouveau monde, où les animaux sauvages sont cent fois aussi nombreux qu'en Europe, on en trouverait beaucoup charriés par les eaux, tandis que je puis assurer n’en avoir Jamais rencontré un seul dans le Parana , PÜruguay, et sur tous les affluens supérieurs du Rio de Madeira, que j'ai parcourus pendant huit années. Jai été à portée d'étudier les effets des inondations sur les mammifères dans la province de Moxos (Bolivia), où ces inondations sont périodiques, et Jai acquis la certitude que là, les animaux fuient instinctivement lenvahissement fluvial et se réfugient aux parties les plus éloignées des cours d’eau, vers les points culminans, où ils se trouvent momentanément rassemblés. Les ruminans y peuvent mourir de faim, et les habitans citent des années où cela est arrivé; mais leurs corps restent loin des rivières, sur les petits plateaux ou au sein des forêts.

En résumé, je pense que les grands mammifères des Pampas ne sont pas sur leur lieu natal et qu’ils y ont été amenés, non par les courans fluviaux, mais à la suite de la catastrophe géologique qui les à tous anéantis d’un seul coup.

Les ossemens fossiles de mastodontes des plateaux boliviens se rencontrent

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