CHAPITRE XI
Coup d'œil d'ensemble sur la Paléontologie de l'Amérique méridio-
nale, comparée à la Paléontologie européenne.
J'ai déjà fait entrevoir, aux considérations géologiques", la succession des êtres qui se sont remplacés aux diverses époques de la dislocation des couches terrestres, et J'ai parlé des différens systèmes qui ont surgi au-dessus des océans. Je ne reviendrai point sur ce qui appartient à la géologie proprement dite, mais je crois devoir résumer les généralités qui se rapportent plus spécialement aux faits qu’on peut déduire de Pétude particulière de la Paléontologie américaine. |
À l'instant où les roches de l'époque gneissique se déposaient au sein des océans brûlans, qui devaient couvrir le globe, lanimalisation ne pouvait pas exister; aussi n’a-t-on jamais rencontré, dans ces couches, aucune trace d’anmaux. On peut même dire que les premiers dépôts de Pépoque silurienne n’en contenaient pas non plus, au moins dans les mers américaines, et en effet les trois quarts de cette immense puissance des roches phylladiennes représentant au nouveau monde le terrain silurien, ne renferment pas de restes de corps organisés, les premiers wayant paru que vers la fin de cette période. Alors la mer silurienne offrait, dans Phémisphère sud, une immense surface, où vivaient, comme en Europe, des espèces de Zingules, d'Orthis, de Calymene et d'Asaphus, voisines, pour la forme, de celles de Pancien monde et qui leur sont même identiques. La répartition uniforme des espèces de ce terrain par toutes les latitudes de la zone torride jusqu'aux régions glacées de la Russie, dénote sur le globe une chaleur centrale assez forte pour faire disparaître la différence de température qu'apporte aujourd’hui la latitude.
Des causes provenues, sans doute, de nouvelles dislocations de la croûte terrestre, anéantissent tous les êtres de la faune silurienne, et les couches qui les renferment se couvrent désormais de nouveaux dépôts. Aux sables vaseux